mardi, 21 septembre 2010

Tous à Zanzibar (Stand On Zanzibar) - John Brunner - 1968

bibliotheca john brunner tous a zanzibar.jpgXXIème siècle : Le monde est surpeuplé, les gens dorment dans les rues, les émeutes urbaines sont devenus spectacle et le terrorisme un sport. Le nombre d’humains est tel que s’ils se tenaient au coude à coude sur l’île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu'à New York, des distributeurs d'oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues. La consommation de tranquillisants, pour limiter les nécessaires tensions sociales dues à la promiscuité, s'est généralisée. Les radiations ont entraîné l'augmentation du taux des maladies héréditaires à un tel point que des mesures draconiennes sont prises : les individus porteurs sont automatiquement stérilisés et seuls se reproduisent ceux qui ont des caryotypes sains. L'eugénisme est développé. Évidemment, la liberté individuelle est résolument refusée.

À New York, Norman House, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation, un grand conglomérat possédant le monopole dans plusieurs secteurs, dont le superordinateur Shalmaneser organise tout dont l'achat pur et simple d'un pays africain, vendu par son président afin de l’industrialiser. Son colocataire, Donald Rogan, apparemment un simple étudiant docteur en biologie, est en fait recruté par les services secrets qui l'envoient s'emparer de la découverte d'un généticien d'un pays du tiers monde qui ferait de tous les nouveau-nés des génies prédéterminés.
Mais dans cette jungle qu’est cette société du XXIe siècle rien n’est jamais simple.


Paru initialement en 1968, cet incroyable roman qu’est Tous à Zanzibar de l’écrivain britannique John Brunner nous invite à découvrir le monde d’un futur proche d’une façon des plus réelles et convaincantes. Le roman est vite devenu un grand classique de la littérature de science-fiction, rarement égalé dans la force de sa vision.

L’auteur a placé son histoire en 2010, évidemment toutes ses prédictions ne se seront pas encore réalisés, même si l’on reconnaît déjà certaines prémices.
A l’origine John Brunner avait écrit un court texte paru en 1967 qu’il reprit et amplifia afin d’en faire le long roman que l’on connaît aujourd’hui. Mais Brunner ne considère pas son texte en tant que roman classique, plutôt en tant que livre-monde ayant pour but premier de nous faire découvrir ce futur. Le récit est ainsi totalement déconstruit, la narration courant sur quatre pistes différentes, imbriquées les unes dans les autres, mais séparées au sommaire afin que le lecteur ait le choix de lire telle ou autre partie. A partir d’un premier descriptif du monde tel qu’il sera, Brunner nous fait peu à peu découvrir ce monde en marche, composés d’extraits des différentes parties, de portraits de multiples personnages, de rapides vignettes, d’instantanés, de phrases parfois inachevés (tel des messages publicitaires, qui permettent d’en découvrir de multiples détails, tels que vus par des gens vivant réellement dans ce monde décrit, et cela afin de le vivre tel que si on y était et aussi. En bref, il s’agît d’une impressionnante mosaïque, qui peu à peu donne forme et imprègne tant le lecteur, qu’une fois le livre refermé, celui-ci a réellement l’impression d’avoir vécu cette période.
Et que retrouve-t-on dans ce monde futuriste : finalement tous nos démons actuels qui sont la surpopulation, la pollution, la génétique végétale et humaine, le pouvoir des médias, l’emprise sur le monde des multinationales et bien d’autres admirablement illustrés par l’auteur. Et malgré ce développement certain du monde, l’auteur y met en avant une certaine bestialité de l’être humain, plus tant dans ces rapports inter-personnels, mais à une échelle bien supérieure.
Pour bien rendre ce récit incroyable, l’auteur utilise une langue très inventive et exubérante qui rend le contenu de façon très forte et poignante.
Le manque d’intrigue forte, un montage complexe inhabituel, font que ce roman peut toutefois faire fuir certains lecteurs. 

Tous à Zanzibar de John Brunner, bien au-delà du simple roman de science-fiction, est un poignant roman de société, tout à fait visionnaire que ce soit dans son style ou dans son contenu. Absolument culte pour certains, difficilement lisible pour d’autres, ce roman ne laissera cependant personne indifférent.

Le futur tel qu’on y était !

A découvrir de toute urgence !

 

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Présente édition : traduit par Didier Pemerle, éditions LGF / Le Livre de Poche, 3 janvier 1996, 736 pages

Commentaires

"Le troupeau aveugle" a les mêmes qualités, il me semble, car il y a maintenant 30 ans que je les ai lu...
mais cet auteur m'avait impressionné par ces romans et ce style narratif avec ces chapitres courts , ses pubs...
extra !

Écrit par : Michel | dimanche, 26 septembre 2010

Un bon souvenir de ce livre que j'ai lu il y a 25 ans ;-)

Écrit par : E1006Au12 | samedi, 02 octobre 2010

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