mardi, 06 avril 2010

I love NY - Nicolas Pages - 2009

bibliotheca I Love NY

"En fait, je me souviens, on n'a pas fait d'endroits ou de clubs branchés, on n'est pas sorti en boîte, on n'a pas mangé une fois des sushis, on n'a pas ouvert un guide, on n'a pas regardé de carte, on ne s'est pas fait les musées, on n'est rentré dans aucune galerie, on n'a pas fait de shopping, on n'a pas été voir un spectacle sur Broadway, on s'est simplement promené et on a regardé. On a mangé dans des restos inconnus. On s'est fait un pique-nique à Central Park. On n'a jamais allumé la télévision, on n'est pas allé au cinéma. On n'a pas branché une fois notre ordinateur, on n'a pas checké une seule fois nos mails. On n'a croisé aucun de mes potes. On n'a pas mis une fois les pieds dans East Village. On ne s'est pas rendu une fois au Wonderbar. On n'a jamais pris le métro, on était tout le temps dehors. Ça nous est arrivé de marcher toute la nuit. On se baladait à vélo ou en taxi. Lucas, il adore le taxi new-yorkais. Il était comme un gosse. On se faisait des tours, sans avoir de destination en tête. On s'est tiré à Coney Island, on a bu de la vodka, on a mangé du caviar sur la plage. C'était easy. On n'est pas rentré dans une boutique, tout ce qu'on s'est acheté, c'étaient deux sacs de voyage. On est parti avec rien, on n'avait pas de téléphone portable, pas d'ordinateur, pas de matos, le strict minimum."

Dans un appartement new-yorkais, puis dans un vieux moulin dans la campagne, deux amis de longue date se retrouvent, l'un racontant à l'autre les nombreuses aventures vécues lors de son voyage à New York et aux Etats-Unis, et comment de fil en aiguille par ses rencontres il est tombé dans l'univers de la coke. Ce n'est donc guère l'Amérique connue des touristes, mais celle plus underground des boîtes à la mode, de sorties sans fin, de débauches en tout genre, d'amitiés et des trafics de drogue qui est présentée ici. Après tout cela il décide d'enfin se confier...

Sur plus de 200 pages, se compose ainsi un immense dialogue entre deux personnes, puis avec une troisième, sur cette Amérique quelque peu moins connue. L'écrivain Nicolas Pages donne à son récit la forme d'une pièce de théâtre, voire d'un scénario de film, afin de donner plus de rythme à son texte. Volontairement subversif, le roman ne frappe hélas guère comme cela aurait dû être le cas. Si au début le ton est assez plaisant, l'ennui s'installe rapidement et ce vaste dialogue paraît sans fin. Probable que la forme du récit, nous racontant des événements au lieu de nous les faire vivre y est pour beaucoup.Evidemment ce point de vue subjectif apporte également au récit, d'où la difficulté de l'ensemble. Peu de choses finalement ressortent de ce roman, certes certaines descriptions existent, cela sauf peut-être une attitude, voire une mode, celle de l'underground.

I love NY de Nicolas Pages est un roman atypique, difficile à classer, et qui aura quelque mal à trouver son lectorat. Car sans être mauvais pour autant ce roman n'intéressera, voire ne convaincra, que ceux réellement intéressés par l'attitude underground des années 2000.

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Présente édition : Editions J'ai Lu, 17 mars 2010, 247 pages

21:44 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Pages, Nicolas | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas pages, new york, litterature francaise, underground | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

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