lundi, 09 novembre 2009

La rage de vaincre - Marie Olivier-Ziglioli - 2009

bibliotheca la rage vaincre

Eva de Baude est promise à un bel avenir au sein du milieu hippique. Élevée en Normandie dans un haras de galopeurs, elle choisit de devenir jockey à Chantilly.
Passionnée et ambitieuse, elle est dotée de toutes les qualités nécessaires pour réussir. Pour autant son sourire et son talent n’empêcheront pas les obstacles de se dresser sur sa route. La vie n’est pas une compétition… Eva devra en prendre conscience et faire des choix décisifs.
Un secret de famille, un drame et tout peut s’écrouler… La fatalité n’épargne personne. L’amour, l’espoir, et la tristesse vont alors s’entremêler et déclencher une véritable tornade dans le cœur d’Eva.

Le monde hippique est bien particulier et si peu connu du grand public. Dans ce roman pour jeunes, La rage de vaincre, l'écrivaine française Marie Olivier-Ziglioli offre justement la possibilité au lecteur de s'immerger dans ce monde très bourgeois, à la suite de sa jeune héroïne qui aura bien du mal à s'imposer dans ce milieu traditionnellement si masculin. Et tout semble lui sourire, si ce n'est un drame familial qui vient tout remettre en cause. Un grand secret semble en effet peser sur la famille. Et en même temps, dans ses questionnements elle trouvera l'amour, une idylle adolescente... L'intrigue de ce roman, qui tourne autour du sport équestre, mêle allègrement suspense et émotions, pour donner un roman des plus divertissants. Tous les bon sentiments y sont présents pour émouvoir au plus vite le lecteur autour de personnages attachants. Hélas la grande naïveté de l'ensemble fera fuir qui que ce soit au-delà de l'adolescence. Certains passages plus ratés et certaines fautes d'édition viennent de plus entacher l'ensemble.

La rage de vaincre de Marie Olivier-Ziglioli, certes divertissant roman pour jeunes et original par son contexte, souffre cependant de nombreux ratés.

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Extrait : les premières pages

C’était une très belle journée d’été, avec un ciel bleu intense. Aucun nuage n’empêchait les rayons du soleil d’embraser l’horizon. Dans les champs à perte de vue, des poulinières suitées paissaient tranquillement. Quelques foals étaient allongés, à l’ombre des arbres. Ils ne bougeaient même pas une oreille, restaient tellement immobiles qu’ils semblaient morts. Un peu plus loin, de jeunes pouliches gambadaient gaiement. De l’autre côté de la rivière, dans un pré éloigné des autres, des poulains joueurs galopaient, essayant de se mordre.

Une grande bâtisse à deux étages s’élevait au milieu de la propriété. Le calme et la paix régnaient en maître en ce lieu. Un papillon blanc se posa un instant sur une pancarte indiquant : « Haras de Baude ».

A l’intérieur de la maison, une odeur de pâtisserie chatouilla les narines d’un vieillard affalé dans un fauteuil en cuir râpé. Il ouvrit un œil, pour vérifier un détail sur l’écran de télévision allumé devant lui, mais muet. L’écran montrait une course de trotteurs attelés, sur l’hippodrome de Cagnes sur Mer. Rassuré, il referma son œil.

Autour de lui, la pièce semblait immense. Des meubles anciens étaient mis en valeur par un carrelage couleur ocre, et des poutres en bois. Les volets à peine entr’ouverts maintenaient la fraîcheur à l’intérieur. Derrière un bureau, au fond de la pièce, trônaient de nombreuses photographies de victoires de courses, à Longchamp, Evry, Auteuil, Deauville, Vichy...

Dans la pièce d’à côté, une vieille dame s’affairait dans sa cuisine. Elle mit en route le lave-vaisselle, puis sortit du four une plaque emplie de madeleines, qu’elle posa sur la table en bois. Ensuite elle quitta la cuisine, pour aller dans le salon, près de son mari.

- Henri… tu dors ? demanda-t-elle en entrant dans la pièce.

- Bien sûr que non. La deuxième vient de se courir. Maintenant il y a les trotteurs à Cagnes.

- On court dans la trois, nous ?

- Oui. Viens t’asseoir près de moi, et arrête de poser toutes ces questions, tu m’empêches de me concentrer.

Elle secoua la tête en souriant, prit une chaise, l’approcha.

- Les fauteuils sont plus confortables, ma Simone !

- Après manger, il faut que je reste droite.

- Regarde ! Voilà Sekari !

Pour lever le son du téléviseur, Henri actionna la télécommande qu’il gardait sur ses genoux.

- Ton cheval… il a une chance, au moins ? questionna encore Simone.

Sûr qu’il a une chance ! Il a fait second en débutant à Maisons-Laffitte…

Henri se redressa brusquement dans le fauteuil, il semblait rajeuni tout à coup. Son œil pétillant de malice, il regardait l’écran avec amour.

°°°°°°°°

Hippodrome de Deauville. Une jeune fille, en tenue de jockey, sortit seule de son vestiaire, et se dirigea vers le rond de présentation. Devant elle, deux jockeys discutaient de la course à venir. L’un d’entre eux se frappait la jambe avec sa cravache à intervalles réguliers. La jeune fille s’arrêta un instant pour laisser le passage à deux chevaux sellés, et en profita pour écouter la conversation de ses confrères.

Le tonnerre se fit entendre avec force, quelques chevaux bougèrent dans le rond de présentation, visiblement apeurés.

La jeune fille sourit à un lad qui la saluait, puis pénétra dans l’enceinte réservée aux professionnels des courses. Elle se dirigea vers un groupe d’hommes élégamment vêtus. Les salua sans ôter son gant blanc. Un homme d’une quarantaine d’années se plaça tout près d’elle et ils regardèrent ensemble un bel alezan fougueux portant le tapis n° 10.

- On dirait qu’il a peur de l’orage, il réagit à chaque coup de tonnerre… expliqua l’entraîneur. Eva, lorsque tu partiras au canter, si tu peux, prends le dos d’un autre cheval, qu’il ait un leader jusqu’aux boîtes...

- D’accord.

- Tu as fait le papier ?

- Oui. J’ai une première chance. J’ai entendu Christophe, en arrivant au rond, dire qu’il ferait la course en tête, son cheval porte des œillères pour la première fois… Je pourrais me placer juste derrière lui, pour ne pas être trop loin au démarrage, qu’en pensez-vous ?

L’entraîneur consulta son programme. Hocha la tête.

- Tu as la corde 5, et lui la 7. C’est parfait. On passe de onze cents à quinze cents, je pense qu’il tiendra la distance, mais il a besoin de ton aide, alors sois patiente. Cache-lui l’effort jusqu’à deux cents mètres du poteau. Il a une pointe de vitesse assez courte, il ne peut pas démarrer trop tôt, sinon il ne finira pas… La dernière fois, tu étais partie de trop loin. Ça t’a coûté la victoire.

- Oui, Monsieur.

- Je suppose que ton grand-père est devant Equidia…

- Oui, c’est certain.

Le haut-parleur de l’hippodrome annonça :

- Mademoiselle et Messieurs les jockeys, à cheval !

L’entraîneur accompagna la jeune fille vers le numéro 10. Lui tint la jambe pour la mettre à cheval. Puis rejoignit son groupe d’amis.

°°°°°°

Haras de Baude. Dans leur salon, Simone et Henri de Baude étaient attentifs. Ils souriaient béatement à l’écran de télévision. Le journaliste commentait les images :

"Voici le 10, Sekari, monté par Mademoiselle Eva de Baude ! Elle porte les couleurs de son grand-père, Henri de Baude, propriétaire et éleveur du poulain, qui doit se trouver devant son téléviseur, près de Lisieux, et que nous saluons !"

Henri mima un salut militaire, pour répondre au journaliste, qui continuait son commentaire :

"Ce poulain a terminé deuxième, lors de ses débuts dans le Prix Dictaway, une course B, sur la ligne droite de Maisons-Laffitte. C’est le fils de la très bonne Arizona qui courait déjà sous la casaque de la famille de Baude et qui a remporté un Groupe III à Toulouse il y a quelques années, et de Gold Away un des étalons du Quesnay. La distance rallongée de quatre cents mètres ne devrait pas le déranger, la piste avec tournant peut l’avantager, l’assèchement du terrain devrait lui convenir, l’écurie est en forme, c’est une base fiable pour vos jeux…

Voici le 7, Fulmin, monté par Olivier Peslier, pour la casaque Therrew, l’entraînement de Marc Paris. Vous en avez fait votre favori, à 2 contre 1. Il est en très bel état, il tire l’argent de la poche comme on dit…"

Henri leva la main, l’air énervé.

- On s’en fout du jeu ! Parle-moi encore de ma petite fille. Elle est resplendissante. Ou de mon poulain, c’est un crack !

- Ne commence pas à t’énerver, c’est mauvais pour ton cœur. Il fait son métier, c’est tout. Il y a plus de turfistesdevant Equidia que de grands-pères…

- Chut ! Les voilà sur la piste. Doucement, chérie, doucement… conseilla Henri au téléviseur. Mais pourquoi es-tu si nerveux, toi ?

- Elle ne t’entend pas. Et le cheval non plus.

La caméra montra le poulain d’Olivier Peslier qui entrait en piste. On le vit s’approcher de Sekari, puis partir au canter vers les boîtes. Eva et son cheval, qui faisait quelques difficultés, lui emboîtèrent le pas. La pluie commença à tomber, quelques gouttes restaient accrochées sur l’objectif de la caméra, et étaient visibles sur l’écran de télévision.

- Voilà, bien… Suis-le... ajouta encore Henri.

Le journaliste continuait :

"Mademoiselle de Baude a attendu un autre concurrent pour le suivre, et ainsi canaliser la fougue de son poulain qui semble un peu vert…"

Henri se leva d’un coup, énervé par le commentaire. La télécommande tomba au sol.

- Mais qu’est-ce qu’il raconte celui-là ! Il n’est pas vert du tout, il y a sûrement quelque chose qui l’a contrarié… Il est vert, il est vert ! Et toi, t’es pas un peu rouge ? Allez tais-toi, tu m’énerves !

Il ramassa la télécommande et coupa le son.

- Henri…

- Je refuse d’entendre des âneries sur mon poulain.

...

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12:55 Écrit par Marc dans Olivier-Ziglioli, Marie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie olivier-ziglioli, litterature francaise, hippisme, romans jeunesse | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

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