lundi, 17 août 2009

Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg - 1990

bibliotheca le retour des tenebres

Imaginez un monde qui ne connaît pas l'obscurité. Kalgash est une planète constamment éclairée par six soleils de taille de variable qui tournent autour de lui dans un mouvement complexe. Ses habitants n'ont jamais connu l'obscurité, sauf certains volontaires qui en ont fait l'expérience dans une célèbre attraction foraine. Mais ceux-ci sont tous devenus fous. La lumière est une évidence ! Mais que se passerait-il si elle venait à disparaître? Une secte religieuse prédit en effet une apocalypse qui plongera le monde dans les ténèbres. Les scientifiques aussi prennent peur. En effet, en unissant leur efforts, des astronomes, un psychologue et une archéologue sont arrivés à la conclusion que des périodes existent, se répétant de façon régulière, durant lesquelles Kalgash serait plongé dans l'obscurité la plus totale. Le six soleils viendraient-ils à disparaître? Et, dans ce cas, comment survivre à une telle épreuve? Car les scientifiques en viennent aussi à la conclusion que leur civilisation n'y survivrait pas...

D'abord il s'agissait d'une nouvelle publiée par l'écrivain américain Isaac Asimov en 1941 dans le magazine Astounding Science Fiction, traduite sous le titre de Quand les ténèbres viendront. Deux ans avant sa mort, l'auteur décide de s'associer à l'écrivain Robert Silverberg, autre grand maître de la science-fiction américaine, pour faire un véritable roman de cette nouvelle, devenue depuis un grand classique du genre.. Et c'est ainsi que naît Le retour des ténèbres. Le but d'en tirer un roman était aussi pour les auteurs de la réactualiser d'un point de vue scientifique. Car en effet il s'agît bien de hard science, un sous-genre de la science-fiction se voulant très recherché d'un point de vue scientifique. On connaît le talent d'Asimov pour ce sous-genre, Silverberg y apporte une pointe de dépaysement qui fait vivre cet univers. Mais la difficulté du roman est de faire comprendre au lecteur pourquoi le passage jour-nuit, un événement si anodin avec lequel nous vivons depuis notre naissance, peut représenter un tel bouleversement pour les habitants de la planète Kalgash. Et cela est parfaitement réussi dans la première partie qui décrit un monde vivant encore dans l'insouciance, mais qui commence en même temps à avoir des doutes alimentés par les sectes religieuses tout d'abord, puis par les scientifiques. Cette partie s'attarde notamment beaucoup à décrire le combat des scientifiques qui tentent de préparer leurs concitoyens au pire. la deuxième partie décrit l'arrivée de la nuit, et ainsi la fin de la civilisation qui renaîtra dans la troisième partie, les deux dernières parties ressemblant plus à un roman catastrophe. Ce qui impressionne est la facilité avec laquelle les deux auteurs réussissent à rendre les discussions scientifiques à la fois intéressantes et toujours divertissantes. L'aspect politique est également très important (comment préparer la fin du monde, comment en convaincre les masses et les autorités et surtout comment en sortir). Tout est bien construit, parfaitement réfléchi dans tous les détails et le roman en devient assez fascinant. Hélas le roman vaut surtout pour son postulat de base, une belle réflexion, mais reste toutefois assez artificiel. Peut-être qu'il aurait mieux valu adapter la nouvelle de base sans forcément en faire un roman (le choix d'en faire un roman est vraisemblablement lié plus à des impératifs commerciaux qu'autre chose). Les personnages eux aussi sont typiques de ceux des nouvelles : simples et ne servant que trop parfaitement les éléments de l'intrigue. Sur la fin le tout s'enlise quelque peu, laissant le lecteur quelque peu déçu.

Le retour des ténèbres est un très intéressant roman du duo Isaac Asimov et Robert Silverberg, hélas pas toujours convaincant.

A découvrir toutefois pour tous les amateurs de science-fiction.

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Voir également :
- Les Robots (I, Robot) - Isaac Asimov (1950), présentation
- Les Cavernes d'acier (The Caves of Steel) - Isaac Asimov (1954), présentation
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
- Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- L'oreille interne (Dying Inside) - Robert Silverberg (1972), présentation
- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait

Commentaires

Asimov est le meilleur, cela devrait être la loi quatre de la robotique
mais je ne connais pas ces livres qu'il a co-écrit

Écrit par : Michel | lundi, 17 août 2009

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