mardi, 11 août 2009

L'enlèvement de l'obélisque - Pierre Boulle - 2007

bibliotheca enlevement de l obelisque

Paris, un beau matin, l'obélisque de la place de la Concorde disparaît. Plus tard, des anarchistes font exploser une banque tous les lundis, sauf le premier avril. Une autre fois c'est une danseuse qui est retrouvée morte suicidée simultanément au gaz, au poison, à la corde, au pistolet et au poignard. Et pendant ce temps, une série de crimes dont le nombre défie toute statistique ensanglante Paris. La capitale est sous le choc, mais heureusement elle compte parmi ses citoyens le criminologue de génie et fin analyste Merlec, accompagné par son apprenti Bitard, qui réussiront à résoudre tous ces crimes, les uns après les autres. Mais lorsque le mystère s'étoffe de trop, eux-mêmes réussiront-ils à arriver à bout?

L'enlèvement de l'obélisque est un roman posthume de l'écrivain français Pierre Boulle, plus connu pour ces deux romans La planète des singes (1963) et Le pont de la rivière Kwaï (1953). C'est cinq ans après la mort de l'auteur que sa nièce, qu'il avait élevé comme sa propre fille, et son mari découvrent dans une mallette des manuscrits inédits. Presque illisibles, il  fallut repasser une à une les vingt mille pages découvertes pour les restaurer. À l'issue de ce fastidieux travail, un nouveau roman sortait de l'oubli : L'Archéologue et le Mystère de Néfertiti, probablement écrit entre 1949 et 1951, et publié en 2005, ainsi que des nouvelles inédites mi-fantastiques, mi-policières, réunies dans le présent recueil, vraisemblablement une œuvre de jeunesse d'un auteur en devenir.

Pierre Boulle y raconte en sept nouvelles les enquêtes de deux détectives, pastiches de Sherlock Holmes et du docteur Watson, qui les mènent sur des affaires les plus mystérieuses. Le tout n'est pas crédible et l'on sent la volonté de l'auteur de plus se moquer d'un genre, le roman à énigme, qui afin d'attirer de plus en plus le lecteur chercher des histoires de plus en plus mystérieuses et qui finalement ne trouvent même plus de solution logique.
Dans la première nouvelle, éponyme au recueil, L’enlèvement de l’Obélisque, l’Obélisque a disparu. A l’aide de pastis, d’une carotte et de son crédule Bitard, le professeur Merlec parvient à démonter la mécanique de l’enlèvement, un invraisemblable vol à la chinoise.
Ensuite dans Un étrange événement fait jaser tout Paris avec l’apparition soudaine et inexplicable d’une femme nue sur la scène du Paradis. Dopé par ses verres de pastis, Merlec usera d’un stratagème brutal pour vérifier ses conjectures, mais, grâce à Dieu, il trouvera la solution.
Puis dans Le message chiffré, un mystérieux message est légué par un roi du diamant à son héritier. Comme dans La lettre volée (The Purloined Letter, 1844) d’Edgar Allan Poe, le mystère crevait les yeux. Le message avait l’évidence du message.
Avec Une mort suspecte, Pierre Boulle se paie le luxe de tuer cinq fois la danseuse Fedora Tchecoff. Elle a été, au même moment, empoisonnée, poignardée, asphyxiée, pendue et percée de deux balles. S’agit-il d’un crime odieux commis par son ami El Barone ? Ou d’un suicide ?
Le 1er avril est un jour de farce anarchiste. Grâce à lui, Merlec déjoue d’odieux attentats contre les banques parisiennes, menés par un groupe qui se fait appeler « L’Age nouveau ». Ces attentats ont lieu tous les lundis entre neuf heures et dix heures du matin. Le nez dans le pastis et le haschisch, Merlec trouvera la solution, non sans laisser un dernier attentat se commettre…
Dans Le Coupable, le ministre de la Justice et le directeur de la Sûreté générale cherchent une raison à la recrudescence soudaine de meurtres facilement résolus. Du haut de sa superbe, Merlec va examiner les coupables, trancher et en trouver un à sa mesure.
Puis finalement la nouvelle La croisière de l’alligator est surprenante. Véritable satire des romans d'Agatha Christie, notamment du Dix petits nègres (And Then There Were None, 1939) se déroulant sur un voilier d'un d’un richissime excentrique où les passagers se font tuer l'un après l'autre. Ici la résolution est toutefois laissait au soin du lecteur, Pierre Boulle poussant le mystère si loin qu'une solution réelle n'existe même plus. Merlec n'a plus le temps de résoudre l'énigme et Bitard assume bien mal son rôle de suivant.

Le tout se veut parodique et humoristique, et même si les nouvelles sont bien distinctes, elles ne valent que dans leur ensemble. La logique de l'auteur est impeccable, les textes courts ne laissent de place qu'à l'essentiel. Après lecture, aussi plaisante et intéressante que celle-ci ait pu être, on comprend toutefois pourquoi Pierre Boulle ne les avait pas publié de son vivant. En effet ce recueil ne vaut que bien peu par rapport au reste de l'œuvre de l'écrivain, rappelons-le, il s'agît bien d'une œuvre de jeunesse. Les textes et intrigues ne sont pas toujours aboutis et le lecteur reste quelque peu sur sa faim.

L'enlèvement de l'obélisque est une parodie intéressante des romans policiers à énigme, mais aussi une œuvre posthume qui n'égale toutefois pas les autres écrits de Pierre Boulle.

Intéressant !

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Voir également:
- William Conrad - Pierre Boulle (1950), présentation
- Le sacrilège malais - Pierre Boulle (1951), présentation
- Le Pont de la rivière Kwaï - Pierre Boulle (1953), présentation
- Le bourreau - Pierre Boulle (1954), présentation
- La planète des singes - Pierre Boulle (1963), présentation
- L’archéologue et le mystère de Néfertiti - Pierre Boulle (2005), présentation et extrait

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