lundi, 10 novembre 2008

L'humanité sans sépulture - Louis Mandler - 2008

bibliotheca l humanite sans sepulture

Réveillons-nous !… Ne cessons jamais de nous réveiller… dans un perpétuel recommencement de conscience sensible amplifiée… affinée… filtrée… Une vie sans monuments ni carrières et dont aucun plasma n’accouchera… Ni mausolées ni couronnes, ni raffineries de scintillements ou gros-œuvre d’abattoirs au service des sertissages, pavages et industries de fœtus !… Réveillons-nous !…

Ne plus jamais nous endormir !… Se livrer à l’amour dans les ombres fraîches… Interstices du ciel soufflés de soleil…


Bien étrange texte que celui livré ici aux éditions Sulliver par l'écrivain français Louis Mandler. L'humanité sans sépulture est un long essai ?... un roman ?... Plutôt un long cri de rage et de révolte qui ne cesse de s'amplifier au fil des pages, dirigé contre la société dans sa globalité, entre ceux qui la font et ceux qui la subissent. De rage, oui, mais aussi de désespoir, face un constat des plus déprimants sur le manque d'humanité du monde, illustré dès l'avant-propos de Léon Bloy. Mais entre rage et désespoir on ressent aussi un appel à l'aide, à l'éveil de cette société pour qu'elle s'humanise enfin. Ce texte impressionne par son style, son montage, son originalité, mais aussi et surtout par sa langue puissante et inventive où l'auteur n'hésite pas à transformer des mots afin de leur donner encore plus de puissance et de sens. Toutefois, sans histoire ni intrigue, il s'agît aussi d'une lecture à laquelle, hélas, guère tout le monde n'adhérera.

L'humanité sans sépulture est un texte étrange et original qui en dérangera plus d'un.

A découvrir!

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

Extraits :

Quoi ? Les assassins seraient ceux qui se révoltent d’être humiliés ! exploités ! torturés ! assassinés !… Immondes barbares ! Mon augure, car vous ne changerez jamais, se réalisera : qui vivra ? les faibles seront vengés !… qui vivra ? les enfants morts pour vos biens de consommation seront vengés ! qui vivra ? les femmes qui n’ont connu que vos usines et des grossesses sans maternité seront vengées ! qui vivra ? les hommes et les femmes qui n’ont pas eu le temps de s’aimer seront vengés ! qui vivra ? les hommes et les femmes qui n’ont jamais joué avec leurs enfants seront vengés ! qui vivra ? les vieillards expirant sur vos machines seront vengés ! qui vivra ? les enfants sans enfance seront vengés ! qui vivra ? les bébés morts loin de leur mère seront vengés !… Qui vivra ? Qui vivra ?…

Quoi ? vous n’êtes pas responsables de tout ? Mais si, lâches sordides ! Car vous aviez le pouvoir que cela ne fût pas ! Vous avez le pouvoir que cela ne soit pas ! Lâches ! Lâches ! Lâches !… Et tous les autres lâches !… Je souhaite votre agonie : vous portez votre ignominie comme une aumusse ; il n’y a rien à attendre de vous !… Canonique lâcheté !… Fumez votre moquette et crevez-en ! Médiocres peigne-culs satisfaits ! Accumulateurs de « biens » ! objectistes ! Votre physique manufacturé ! votre raison-disquette ! La mise à jour de votre formatage vous donne l’impression d’une pensée autonome ! renouvelée !... Escargots hertziens Connecting People !… Et les limaces épargnées par les « autoroutes de l’information » attendent avidement que leur poussent deux antennes salvatrices ! Qu’on leur enfonce l’ethernet dans le cul ! Reliés direct au monde de l’information !… LMD MHD ? Diplôme copier-coller de la Merde Haut Débit !… Le nouveau Savoir !… La Pensée électronique !… Se brancher l’urètre USexB : tous les sites fellafistfucking en vibrations masturbatoires instantanées !… La décharge permanente !… La coke ou le crack, c’est plus efficace ; mais les hommes et les femmes du plancher connecté sont trop lâches pour choisir de mourir dans la dépendance d’un infernal paradis ! Médiocre « humanité », je te vomis !… Vous tous qui avez renoncé à vivre ! la peur de la mort vous ramène chaque soir au chaud ! réifiés mous ! buvards d’impressions papillotes stérilets !… est-ce pour cette vie de souriceau greffé que vous acceptez de laisser mourir vos semblables ?… Le Journal de 20 heures est une ignominie : rendre compte de la souffrance et ne pas la dénoncer sans concession est un crime. Ignorer cette souffrance est un autre crime. Je disposerais du pouvoir ? Je vous forcerais à l’héroïsme ! la seule humanité !… Votre vie de crevette Gamma moins, je l’annule !…

Je ne vous abandonnerais pas au coin d’une rue… Plutôt au milieu d’une autoroute, sur une voie de chemin de fer, juste avant le passage des poids-lourds et des trains de banlieue !… On n’épiera pas vos cendres ! On ne les remuera plus ! Rien ne sera plus triste que nos espoirs sur vos ruines !… Sans famille, nous ébaucherons des lumières tendues entre mille farces et nous serons plébiscités pour nos « vertus éducatives » et notre « forme attrayante » ! Quelle rigolade !… Nous n’apprendrons pas à nous tenir droit ou à coudre, le respect du jaune ou du noir, les hedgers, traders ou le capital investissement ! Non ! Aucune échelle, pas de grille, salaire, pourcentage : néant de vos civilises ! de vos fondations ! On en aura terminé avec vos élévations crevant les paumes de la main d’œuvre ! creusées dans les épaules des pauvres ! vos chatouilles célestes s’enfonçant dans les ventres où se fertilise votre béton !… La Freebox est l’image suprême de votre monde : la liberté en boîte !…

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

Voir également :
- Dévoration - Louis Mandler (2009), présentation et extrait

10:08 Écrit par Marc dans Mandler, Louis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature francaise, essais, romans de societe, louis mandler | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Les commentaires sont fermés.