jeudi, 05 juin 2008

L'homme des jeux (The Player of Games) - Iain M. Banks - 1988

bibliotheca l homme des jeux

Dans un future lointain l’univers est dominé par la société de la Culture, une utopique civilisation plusieurs fois millénaire qui prône la liberté de chacun. Dans sa toute-puissance elle absorbe peu à peu de façon pacifique les autres civilisations qu’elle rencontre. Sa population est ainsi composée de toutes sortes d’individus : humains et autres espèces, mais aussi des robots intelligents.
Jernau Morat Gurgeh est un joueur dejeux professionnel, sans doute le meilleur évoluant au sein de la Culture. Il n’est de jeu où il n’arrive à atteindre le plus haut niveau. Un jour il est approché par Contact, département de la Culture chargée des relations avec les autres civilisations avant leur absorption. Contact veut que Gurgeh aille jouer à l’Azad, dans l’Empire du même nom quelque part dans le Petit Nuage de Magellan. Mais il s’agît là d’un jeu un peu plus particulier. En effet pour les Azadiens la pratique du jeu régit complètement la vie politique et sociale de leur empire. Et contrairement à la Culture, la société des Azadiens est bien moins libertaire et connaît une violence extrême. La mission de Gurgeh sera ni plus ni moins d’aller battre les Azadiens à leur propre jeu afin d’en découvrir les rouages, élément essentiel pour la conquête pacifique d’Azad par la Culture.
Gurgeh n’est guère emballé au départ à aller affronter les Azadiens, mais son avis changera petit à petit, finement manipulé par certains. Et Gurgeh ne sait pas encore ce qu’il risque en acceptant cette demande.

L’homme des jeux de l’écrivain de science-fiction écossais Iain M. Banks est le second roman sorti du cycle de la Culture commencée en 1987 avec Une forme de guerre (Consider Phlebas). Il ne s’agît cependant guère d’une suite, étant donné que tous les romans de la Culture sont parfaitement indépendants l’un de l’autre et le lecteur peut aborder ce cycle par celui qu’il veut. Toutefois L’homme des jeux est vraisemblablement le meilleur des romans du cycle qui de plus permet une belle entrée en matière. En effet c’est le roman qui permet d’appréhender le mieux l’univers imaginé par Iain M. Banks et sert donc de parfaite introduction à l’ensemble.  Pur roman de space-opera et utopiste l’intérêt repose cependant toujours entre le contact de cette utopie avec les civilisations voisines. Et contrairement à de nombreux romans du genre celui-ci se concentre bien plus sur le côté politique de l’histoire. Et comme toujours l’utopie n’est guère parfaite et le monde d’Azad, malgré son immense cruauté, paraît finalement bien plus humain au lecteur.
Le jeu d’Azad autour duquel tourne la grosse partie du roman ne sert pas que de prétexte mais est une part entière du roman, l’auteur approfondissant de nombreux côtés des jeux en général, sans toutefois tomber dans le piège d’une description indigeste des règles du jeu.
Le style d’écriture de Iain M. Banks est parfaitement adapté au genre et rendant la lecture très plaisante et divertissante. Le tout est de plus augmenté d’une certaine dose d’humour.
Le seul bémol se trouve dans la description plus générale des Azadiens qui manque clairement d’originalité et représente le côté le moins convaincant du roman.
L’idée d’une société régie par le jeu n’est toutefois pas des plus originales. Citons entre autres les romans Loterie Solaire (Solar Lottery, 1955) de Philip K. Dick et Le jeu des perles en verre (Das Glasperlenspiel, 1943) de Hermann Hesse.

L’homme des jeux est, malgré un certain manque d’originalité, un excellent roman de space-opera, certainement le plus intéressant du cycle de la Culture et celui pouvant s’adresser au plus large public.

Le cycle de la Culture est composé de sept romans: Une forme de guerre (Consider Phlebas, 1987), L'Homme des jeux (The Player of Games, 1988), L'Etat de l'art (The State of Art, 1989), L'usage des armes (Use of Weapons, 1990), Excession (1996), Le sens du vent (Windward, 1998) et Inversions (Inversion, 2000).

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Voir également :
- Une forme de guerre (Consider Phlebas) - Iain M. Banks (1987), présentation
- L'état des arts (The State of The Art) - Iain M. Banks (1991), présentation

Commentaires

Bonjour,
je découvre votre blog, fort intéressant.
Juste une petite remarque, prêchant pour ma paroisse : pourquoi ne pas mentionner le nom du traducteur ?

Écrit par : Emmanuel Pailler | vendredi, 06 juin 2008

les traducteurs? Les traducteurs... les éternels oubliés.

Effectivement je ne mentionne jamais les noms des traducteurs, uniquement les auteurs.
La première raison en est que je lis avant tout les romans en version originale, je maîtrise sufffisamment de langues pour cela.
De plus si un traducteur fait bien son boulot il devrait selon moi retranscrire exactement le texte de l'auteur et donc ne devrait rien apporter au roman même.
Il m'est cepednant déjà arrivé de parler de l'une ou l'autre traduction, mais c'est généralement dans le cas où celle-ci n'est guère satisfaisante et je pense qu'à ce moment le lecteur devrait le savoir également.

Sinon je profite de ce commentaire pour cependant saluer le travail essentiel des traducteurs qui permettent à la littérature de passer facilement toute frontière linguistique.

Écrit par : Marc | vendredi, 06 juin 2008

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