lundi, 29 octobre 2007

Croisière sans escale (Non-Stop) - Brian Aldiss - 1958

bibliotheca croisiere sans escale

Roy Complain est un chasseur de la tribu Greene qui réside de façon très isolée dans la zone de ce monde dite des Quartiers. Suite à la perte de sa femme Complain décide de suivre le pasteur de la tribu dans une expédition à travers la dense jungle de poniques qui entoure la tribu faite de couloirs labyrinthiques et de ponts sans fin à la recherche du mystérieux territoire de l’Avant qui serait habité par une tribu bien plus évoluée. Ce monde avait autrefois été habité par une espèce plus évoluée, les Géants, et peut-être qu’à l’Avant ils en savent plus à ce sujet. Pour le pasteur cette expédition devra également répondre à certaines questions qu’il se pose sur leur monde, que certains appellent même vaisseau. Car si le monde entier qui les entoure n’est autre qu’un vaisseau, la question se pose quant à qui le pilote et quelle est la destination du voyage ? Au fil de l’expédition les croyances et certitudes vont petit à petit voler en éclat afin de découvrir l’atroce destin qui attend tous les habitants de ce monde.

C’est en 1958 qu’apparaît Croisière sans escale sous le titre de Non-Stop pour la version originale anglaise, le premier du grand auteur britannique de science-fiction Brian Wilson Aldiss. Il fut cependant déjà publié en 1955 dans la revue Science-Fantasy sous forme de feuilleton. La version française sort en 1959 et sera fortement revue en 2007.
Ce roman qui a certes un peu vieilli depuis reste encore tout à fait passionnant. Brian Aldiss y traite, comme on le comprend assez vite dans le récit, du sujet des arches stellaires, càd. si des humains devaient voyager vers des contrées lointaines de l’univers, si lointaines qu’elles resteraient inatteignables lors d’une vie humaine, ils seraient obligés de prendre tout le nécessaire avec eux et y compris assurer la pérennité de ces longs voyages en se reproduisant à bord jusqu’à l’arrivée à la destination finale. Afin de pallier à ce problème des longues distances à travers l’espace, d’autres auteurs de science-fiction ont inventé des astuces, tel la cryogénisation, le voyage à une vitesse supérieure à celle de la lumière, les hyperespaces, …, astuces qui ne se basent hélas sur rien de bien scientifique. Dans le cas des arches stellaires le problème, et la base de l’intrigue, réside toujours dans la question si le savoir et la culture qui ont entamé ce voyage interstellaire pourront être sauvegardés de génération à génération.
Dans Croisière sans escale Brian Aldiss prévoit un accident qui fera même que les générations suivants les premiers voyageurs en arrivent même à oublier la nature de leur vaisseau et rétrograderont à l’état de quasi sauvages se regroupant en tribus et vivant de chasse et d’agriculture dans le cadre de croyances et superstitions religieuses. Et Brian Aldiss distille les mystères en véritable maître. Si le lecteur comprend rapidement la nature de l’arche stellaire, petit à petit il découvre les tenants et aboutissants de ce voyage et comment toutes les croyances et superstitions s’insèrent logiquement dans cet univers. Et avec le talent d’un excellent conteur Brian Aldiss réussit à nous faire parfaitement croire à sa micro-société vivant en univers clos de plus que tout est raconté par les yeux du personnage de Complain. Le lecteur fait ses découvertes en même temps que Complain et aura parfois pareillement du mal à cerner la réalité de la chose. Car jamais Brian Aldiss ne s’explique, il faudra tout découvrir en même temps que le narrateur du roman, ce qui donnera à la fin beaucoup plus de poids aux différentes révélations.

Croisière sans escale est un excellent roman de science-fiction de Brian Aldiss qui malgré certaines rides vaut amplement la peine d'être lu et relu.

 

Voir également :
- Le monde vert (Hothouse) - Brian Wilson Aldiss (1962), présentation
- L'arbre à salive (The Saliva Tree) - Brian Wilson Aldiss (1966), présentation
- Neanderthal Planet - Brian Wilson Aldiss (1969), présentation

Les commentaires sont fermés.