mardi, 26 juin 2007

Le pendule de Foucault (Il pendolo di Foucault) - Umberto Eco - 1988

bibliotheca le pendule de foucault

Casaubon est étudiant à Milan et prépare une thèse sur le procès des Templiers, procès dont le déroulement a été bien mystérieux pour de nombreux érudits. Les Templiers, malgré leur puissance, n’avaient-ils pas pu prévoir leur arrestation, ou du moins s’en défendre ? Pourquoi certains, parmi ceux qui ont avoué sous la torture, se sont-ils rétractés par la suite, au risque de mourir sur le bûcher ? Avec son ami Jacopo Belbo, employé chez les éditions Garamond à Milan, et son ami et collègue Diotallevi, tous grands amateurs d’ésotérisme et de sciences occultes, vont petit à petit, et par jeu, réécrire l’histoire de la fin tragique des Templiers dont le procès n’aurait été qu’un leurre dans le but de conquérir le monde. Ils inventent ainsi un Plan Mondial, un immense complot, qui aurait duré depuis plus de sept siècles et qu’ils font vivre en réinterprétant de nombreux faits historiques. Mais à force d’y travailler dans les moindres détails, ils en oublient parfois qu’il ne s’agît là que d’un jeu. Et plus, d’autres personnes semblent y croire fortement et tentent de se réapproprier le Plan Mondial.
Le Plan Mondial inventé par jeu serait-il peut-être vrai ?

Ayant connu un succès mondial avec sa première œuvre de fiction, le roman Le nom de la Rose (Il nome della rosa, 1980), l’écrivain et sémiologue italien Umberto Eco publie huit ans plus tard son second roman Le pendule de Foucault qui connaîtra un succès semblable. Dans cet excellent roman Umberto Eco propose au lecteur de parcourir toute l’histoire européenne depuis le procès des Templiers d’un point de vue ésotérique et complotiste. Et tout cela autour du célèbre pendule de Foucault, autour duquel tournerait tout l’univers. Tout événement est rattaché à ce fameux Plan Mondial qu’auraient établi les Templiers il y a plus de sept siècles. Il nous y conte de nombreux faits mystérieux tournant autour de tout autant de sociétés secrètes tels les cabbalistes, les rosicruciens, les cathares…
Mais tout cela est dans le but de nous montrer comment avec une bonne connaissance historique, et en ne choisissant que ce qui cadre avec ce qu’on veut obtenir, il est possible de prouver tout et n’importe quoi. Quinze ans après la publication du pendule de Foucault, sort en effet le roman Da Vinci Code (The Da Vinci Code, 2003) de l’écrivain américain Dan Brown, également un immense succès en librairie, qui justement à l’encontre du roman d’Umberto Eco va prouver les pires inepties en rattachant n’importe quels événements l’un à la suite de l’autre. Umberto Eco semble beaucoup s’amuser à critiquer certaines conclusions hâtives qui ont par le passé été erronément déduites de faits tout à fait banaux et qui consistent par exemple à tirer avec un égal succès des informations cosmiques à partir de la pyramide de Khéops, d’un kiosque à journaux ou même d’une cabine téléphonique. Mais comme dans son roman où l’histoire de ces trois savants tourne finalement bien mal, Eco semble également vouloir mettre en garde face à ces interprétations qui pourraient s’avérer bien dangereuses.
Le roman vaut avant tout pour l’immense érudition de Umberto Eco et la fascinante démarche qu’il entreprend, mais en plus de cela Eco a réussi à donner à son roman une intrigue digne des plus grands thrillers dans une langue magnifiquement lyrique.

Le pendule de Foucault est un roman unique et fascinant, un chef-d’œuvre à découvrir de toute urgence.

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Voir également :
- Le nom de la rose (Il nome della rosa) - Umberto Eco (1980), présentation

- L’île du jour d’avant (L'isola del giorno prima) - Umberto Eco (1994), présentation
- Baudolino - Umberto Eco (2000), présentation et extrait

Commentaires

Un roman à relire... J'aime ebaucoup ta note sur ce roman qui, je l'avoue, m'a pas mal déroutée lors de sa lecture. Pourquoi? Sans doute parce que j'en ai un peu voulu à Eco de nous mener si joliment en bateau et d'oser terminer son roman si astucieusement, nous laissant nous frotter les yeux dans lesquels il a jeté tant de poudre... J'ai d'ailleurs à l'époque de ma lecture écrit une note plus que verte à son sujet. ;-) Je m'en veux un peu aujourd'hui, d'avoir réagi à chaud et pense lui consacrer une relecture plus mature et prête un de ces jours.
J'avais éprouvé une grande admiration pour l'érudition d'Eco mais je m'étais vraiment sentie bafouée dans mon investissement de lectrice... ;-)
Belle note en tout cas, merci de me faire resonger à ce roman.

Écrit par : Virginie | mardi, 26 juin 2007

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