mercredi, 31 mai 2006

Forteresse digitale (Digital Fortress) - Dan Brown - 1998

Susan Fletcher, qui est à la tête de la division de cryptographie de la NSA (National Security Agency est appelé un samedi en toute urgence à son bureau. La NSA se trouve face à un problème sans précédent. Le superordinateur TRANSLTR, une machine à trois millions de micro-processeurs utilisé par la NSA pour casser tous les codes qui cryptent les communications mondiales est face à une impasse. Il coince sur un fichier crypté depuis plusieurs heures, alors que généralement il ne lui faut que quelques minutes au maximum. Un ancien employé de la NSA, Ensei Tankado, aurait créé le système de cryptage ultime qui risquerait de rendre totalement obsolète tout l'équipement de la NSA. Pendant ce temps-là David Becker, collaborateur de la NSA et fiancé de Susan Fletcher, est envoyé à Séville sur les traces de Ensei Tankado, qui aurait été retrouvé suite à une mystérieuse attaque cardiaque. Mais au fil de son enquête, David se rend compte qu'il est suivi par un mystérieux assassin.

Beaucoup et peu de choses à dire sur ce thriller, qui est le premier roman publié par Dan Brown, bien avant le Da Vinci Code (The Da Vinci Code, 2003). C'est un techno-thriller classique sans aucune originalité qui utilise déjà les éléments chers à Dan Brown: des énigmes à résoudre, un personnage plongé dans un domaine qu'il ne connaît pas, un tueur assassin mystérieux,... Cependant Forteresse digitale (Digital Fortress) se rapproche plus de Deception Point (2001) que des aventures de Robert langdon dans Anges et Démons (Angels and Demons, 2001) et Da Vinci Code (The Da Vinci Code, 2003). Et comme d'habitude chez Dan Brown, on retrouve également tous les clichés du genre: histoire d'amour entre deux héros, tout est sauvé à la dernière minute, ... Forteresse digitale (Digital Fortress) n'est pas très abouti comme roman et l'intrigue finalement peu élaborée, même si présenté de façon efficace. Ce qui est particulièrement agaçant est le fait que l'héroïne qui est censée avoir une thèse de maths et un QI de 170 est la plupart du temps extrêmement lente à la détente. J'ai moi-même trouvé la solution à plusieurs énigmes des pages et des pages avant que l'héroïne ne la trouve, énigmes d'ailleurs bien trop faciles pour avoir été conçues sois-disant par un grand spécialiste du cryptage. Ce qui n'est pas bien grave, car le fiancé de Susan Fletcher, sois-disant expert en langues, paraît tout aussi lent et mauvais dans son domaine de spécialisation.

Et comme d'habitude chez Dan Brown, on ne cesse de compter toutes sortes d'erreurs et de maladresses. Dan Brown semble beaucoup se documenter, mais jamais suffisamment en détail. Beaucoup de choses restent invraissemblables.
Dan Brown, finalement ne comprend pas grand-chose en cryptologie. Dans ses descriptions de l'ordinateur TRANSLTR, Dan Brown accumule les bêtises.
Aucun ordinateur de cette sorte ne peut exister. Le principe de Bergofsky citant que tout code peut être décrypté est tout à fait faux, de telles codes existent. De plus un tel ordinateur ne peut être victime d'un virus informatique dans la mesure où les programmes peuvent être examinés sans être exécutés. Une référence est faite au système de cryptage Enigma, utilisé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, décrit comme un système pesant plusieurs tonnes, alors qu'en réalité le système de la Wehrmacht ne pesait que douze kilos.Les infos sur l'ASCII sont totalement erronées, et les capacités d'un tel système totalement sous-évalués dans ce roman. Toute info concernant les clées publiques de cryptage sont également fausses.
De plus il est signaler, que quand on lit les descriptions de Dan Brown sur la ville de Séville, on se rend compte que l'auteur n'y a jamais mis les pieds, et ne connaît la cité andalouse que par des photos. Les fonctions de différents batiments publiques sont fausses. Toute donnée sur la cathédrale et autres monuments historiques (date de construction, origine etc.) sont fausses. Et Christophe Colomb n'est pas considéré comme un saint par les Espagnols. De plus il est étrange que Dan Brown s'imagine Séville comme une ville qui grouille de punks.

Forteresse digitale (Digital Fortress) est donc un thriller très moyen, voir même plutôt mauvais.

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com

Voir également:
- Anges et Démons (Angels and Demons) - Dan Brown (2000), présentation
- Deception Point - Dan Brown (2001), présentation
- Da Vinci Code (The Da Vinci Code) - Dan Brown (2003), présentation

- Le Symbole perdu (The Lost Symbol) - Dan Brown (2009), présentation

Commentaires

euh non non à toutes fins utiles, j'ai le livre en main et je signale que Dan Brown mentionne effectivement la machine enigma et qu'il dit bien qu'elle pesait 12 kilos dans le livre... ça doit être une version corrigée. Quand aux supercalculateurs gouvernementaux servant aux attaques de force brute ou au traitement de l'information : certains d'entre eux existent bel et bien... Les systèmes de processeurs en parallèle sont utilisés fréquemment par les MIT pour la recherche

Écrit par : fred | lundi, 18 septembre 2006

version revisitée... En effet tu dois avoir lu une version revisitée. Je te cite ci-dessous le texte en question, tiré du chapitre 120 où il est bien question d'une machine de douze tonnes:

"The director nodded. Enigma was history’s most famouscode-writing machine—the Nazis’ twelve-ton encryptionbeast. It had encrypted in blocks of four."

Concernant les supercalculateurs gouvernementaux ceux-ci font plus partie de la fiction que de la vie réelle. Et s'il en existe bel et bien, ils n'ont jamais fait preuve d'une quelconque efficacité. Mais cela reste à discuter.

En tout cas merci de ta visite et de ton commentaire.

Écrit par : Marc | samedi, 23 septembre 2006

Forteresse machin Je viens de lire forteresse digitale, et je suis partie sur le net voir comment les autres l'ont trouvé. Et je viens de lire votre critique. Ce que le gens ne comprennent pas, c'est que les livres de Dan Brown sont avant tout des romans, et rien que des romans donc des fictions. Je m'étonnes tjrs de voir comment les gens s'offusquent avec "les faux" de l'auteur. Les livres de Dan Brown ne sont pas des livres scientifiques, c'est juste du "Cinéma" au même titre qu'un bon film comme " Air force one" et autres... Alors lisons le pour nous détendre et nous divertir, et non pour utiliser ce que Dan Brown écrit dans une composition de BAC par exemple....LOL Alors un ordi de 12 ton ou 12 kilo, BOF! ça change quoi? Pareil qu'un président des USA qui frappe les terroristes dans son avion.

Écrit par : Salla | mercredi, 08 avril 2009

on peut inventer... Evidemment c'est de la fiction, on peut inventer ce qu'on veut, aussi incrédible et invraisemblable que ce soit, mais cela n'est pas une raison pour glisser des erreurs dans le texte par manque de recherche et de documentation.
Air Force One est un film invraisemblable, mais pas totalement faux. C'est pour cela que la fiction peut marcher.

Écrit par : Marc | samedi, 25 avril 2009

Les commentaires sont fermés.