lundi, 20 mars 2006

I.G.H. (High-Rise) - James Graham Ballard - 1975

A l'extérieur de la ville, cinq tours d'habitation, des I.G.H. (Immeubles de Grande Hauteur), chacune de quarante étages pouvant abriter plus de 2000 personnes, se construisent. Cinq monuments à la vie moderne, dans lesquels les résidents jouiront de tous les luxes de la vie moderne, loin du stress du centre ville. Tout est planifié pour que la classe moyenne y vive dans une communeauté idéale, une piscine, un petit centre commercial, même une école. Hélas, quelque chose ne va pas tourner comme prévu, et ce projet va tourner au cauchemar social.

Entre les réceptions que l'on donne chaque soir dans cette bonne société, les seuls petits soucis sont donc de simples chicaneries de voisinage. Sauf que l'on constate tout de même que des divergences se font jour entre les bijoutiers et analystes financiers du haut, et les masseuses et techniciens de cinéma du bas, parmi lesquels Richard Wilder, un ex-rugbyman réalisateur de documentaires pour la télévision, et qui compte en préparer un sur la vie dans la tour. Entre les possesseurs de chiens (du haut) et les gens avec enfants (du bas), la tension monte... Les troubles vont s'aggraver lorsque les infrastructures commencent à lâcher. D'abord la piscine, puis les ascenseurs qui tombent en panne. Le tout commence à lâcher, devenant invivable pour ses habitants qui pourtant vont s'accrocher à leur vie qui se détèriore jour après jour.

Le roman de J.G. Ballard a pour canvas les immeubles résidentiels, tels qu'ils en ont été construits tout plein depuis les années soixante, notamment en banlieue des villes françaises. Ballard y voit une architecture martiale, un espace de vie, ou plutôt de non-vie, ne servant pas tellement la communeauté, mais plutôt l'isolement des individus. L'immeuble, faisant vivre toutes ces personnes les unes sur les autres, en fait une communeauté vouée à l'échec.

J.G. Ballard nous signe ici un pur roman catastrophe. Comme souvent chez Ballard, l'objet moderne et technologique est le vecteur de la violence. L'homme revient à ses instincts bestiaux. L'homme régresse en soi, il se déshumanise laissant libre cours à toute violence. Une véritable plongée dans les profondeurs de l'âme humaine.

Voir également:
- Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild) - James Graham Ballard (1988), présentation

- La face cachée du soleil (Cocaine-Nights) - James Graham Ballard (1996), présentation
-
Super-Cannes - James Graham Ballard (2000), présentation

21:55 Écrit par Marc dans Ballard, James Graham | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : james graham ballard, thrillers, science-fiction, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Commentaires

Le plus grand écrivain anglais contemporain Un must que tout le monde devrait lire, assis sur son balcon en train de manger une brochette de ...chien comme le docteur Laing en début de récit! ;-)

Écrit par : E1006Au12 | dimanche, 23 avril 2006

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