mardi, 31 janvier 2006

Confession d'une pharmacienne (Die Apothekerin) - Ingrid Noll - 1994

Une vieille pharmacienne, Hella Moormann, alitée dans une clinique en fin de vie, raconte toute sa vie à sa voisine de chambre, Rosemarie Hirte. Elle va tout confesser, tous les crimes dont elle s'est rendue complice durant sa vie. Elle-même n'avait jamais aspirée à une telle vie. Elle rêvait de maternité et de bonheur conjugal. Mais sa faiblesse pour les hommes à problèmes, va la mener dans une spirale infernale construite sur des crimes. Cela commence avec Levin, un médiocre étudiant en médecine dentaire, volontaire pour tous les mauvais coups. Ensemble ils vont empoisonner le grand-père de ce dernier afin de pouvoir toucher sa villa en héritage. Mais les meurtres ne font que commencer. Viendra ensuite l'ancienne maîtresse de Levin. Il est en effet si facile de supprimer les gêneurs, surtout que dans les pires situations il ne lui restera que très peu de scrupules. Le couple va aller de plus en plus mal. Une troisième personne, Dieter, traficant de drogues, va entrer dans le ménage; Hella va tomber enceinte et tout va déraper... Elle va tout confesser, mais ignore que sa voisine de chambre, Rosemarie Hirte, personnage fétiche d'Ingrid Noll, ici dans un rôle secondaire, est une redoutable tueuse.

Ingrid Noll, très connue en Allemagne pour ses romans policiers, démontre ici un talent singulier, sachant parfaitement lier suspense psychologique et satire impitoyable, le tout dans un style surprenant de simplicité. Ces confessions diaboliques et peu banales avancent lentement sous forme d'un monologue, entraînant le lecteur avec ces personnages au fond du gouffre. Les personnages sont assez classiques dans l'univers de Noll; des gens qui subissent des injustices, et qui de sorte, arrivent à facilement justifier leurs crimes pour rétablir le soi-disant ordre. Le tout est servi avec beaucoup d'humour noir, d'ironie et de méchanceté.

18:49 Écrit par Marc dans Noll, Ingrid | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ingrid noll, romans policiers, litterature allemande | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 30 janvier 2006

Les trente-neuf marches (The Thirty-nine Steps) - John Buchan - 1915

Nous sommes en 1914. Richard Hannay, un sud-africain, vient passer ses vacances à Londres. Alors qu'il commence à s'ennuyer de la City, il devient mêlé, malgré lui, à un sinistre complot international visant à détruire l'effort de guerre britannique. De plus il sera accusé à tort de meurtre et devra fuir les autorités, en se réfugiant dans les Highlands d'Ecosse, avec à sa poursuite, à la fois la police et différents services secrets.

Publié pour la première fois en 1915, Les trente-neuf marches, a été adapté en 1935 par Alfred Hitchcock au cinéma. Les trente-neuf marches sera aussi le plus gros succés de John Buchan qui voulait faire de ce roman un simple thriller. En effet le style est simple, efficace et toujours passionant. On suit avec beaucoup de suspense cet homme ordinaire dans cette course-poursuite aux multiples rebondissements jusqu'au dénouement final quelque part sur la côte anglaise en bas de trente-neuf marches où se trouvera le mystère final. John Buchan a l'art de savoir nous faire voyager, de Londres en Ecosse, en revenant à Londres etc... tout en imbriquant parfaitement les différents personnages et éléments de l'intrigue.

Une lecture dont on ne se lasse pas, même si le style est parfois un peu trop simpliste.

lundi, 23 janvier 2006

La maison des veilles - Stanislas-André Steeman - 1936

Les locataires d'un immeuble bruxellois se lèvent un beau matin en retrouvant le cadavre d'un inconnu dans un des réduits du premier étage. La police arrive sur les lieux. L'enquête est menée par le juge d'instruction Faulx, un hypocondriaque bien plus préoccupé par ses médicaments que par le meurtre en question. Tous les habitants de l'immeuble seront suspectés, et tous auront une raison de se reprocher quelqu chose. Parmi ces locataires on retrouve pêle-mêle, une relieuse vieille fille confite dans sa virginité, un vieux baron essayant tant bien que mal de mener la grande vie, un jeune homme romantique et sa soeur trop maternelle, une divorcée qui se console au piano, un inspecteur de police sans illusions et désabusé, un auteur de contes pour enfants, qui teste ses histoires sur sa petite fille, deux ados marginaux trop gâtés par leur mère, un couple de Russes au passé trouble et toujours en guerre, une vieille dame cherchant dans les cartes l'oubli d'un délit ancien de son distant mari. Tous vont s'intéresser à ce meurtre, tous vont essayer d'influer sur le meurtre, qui les passionne; et qui d'ailleurs sera suivi d'un second.

Stanislas-André Steeman est un spécialiste du polar, dans le même genre que Georges Siménon. Le style de Steeman est d'ailleurs typique du genre policier, càd. un style précis et efficace se concentrant sur les faits, et ménageant le suspense à fin qu'on ne puisse pas deviner trop tôt qui est le coupable. cependant ici, Steeman, se concentre plus sur ces personnages, qu'il fait tous évoluer en parallèle en leurs donnant une réelle profondeur. Les points de vue du récit changent tout le temps, on nous conte l'histoire vue par chacun des protagonistes, l'un à la suite de l'autre. Cela apporte un réel plus à ce polar, qui de par son intrigue est, somme toute, bien classique. Mais cela apporte également le lecteur en confusion. On ne s'y retrouve pas toujours. Qui est en train de parler? Que faisait ce personnage déjà auparavant? La lecture va nécessiter une certaine concentration. L'intrigue quant à elle est bien ficellée, même si elle est sans surprise.

Un bon classique du polar, mais sans trop de surprises.

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Voir également:
- L'assassin habite au 21 - Stanislas-André Steeman (1939), présentation

INDEX - Chine

Sa, Shan
- Les conspirateurs (2005), présentation




















18:17 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature chinoise, chine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 18 janvier 2006

L'arbre à salive (The Saliva Tree) - Brian Wilson Aldiss - 1966

1966 représentait dans l'univers de la science-fiction le centenaire de la naissance de Herbert George Wells, l'un des pionniers du genre. Brian W. Aldiss, écrivain britannique du genre, célèbre cet anniversaire à sa façon, càd. en écrivant L'arbre à salive, une nouvelle dans le plus pur style victorien de H. G. Wells, mêlant le tout à la fois avec beaucoup d'humour, tragédie et horreur.

Au début du XXe siècle, dans une petite ville de l'est de l'Angleterre nous rencontrons les deux héros de ce livre, Bruce Fox et Gregory Rolles, deux jeunes hommes issus d'une petite noblesse qui s'adonnent à la science et qui ont décidé d'avoir dans tous les cas "l'esprit ouvert" et d'ainsi se dinstinguer du peuple de la région. Ils passent évidemment pour cela plus de temps à écrire de pompeuses lettres intelectualisantes et à faire présence auprès de la haute société britannique. Un beau jour, un météorite s'écrase auprès d'une ferme de la région. Nos deux gens héros vont directement s'y intéresser en damndant conseil notamment à un certain écrivain contemporain de leur époque, dénommé Wells. Cependant au début du moins, la chute de cet astre ne semble pas avoir eu de conséquences. Mais petit à petit de mystérieux phénomènes arrivent. Les fruits et légumes recueillis par le fermier sont de plus en plus gros et ont de plus un certain goût amer. D'ailleurs toute la nature entourant la ferme va petit à petit se transformer. De plus des animaux disparaissent étrangement et on ne retrouve que plus tard leurs carcasses, dévorés... Avec horreur, nos héros comprennent vite que le météorite, jamais retrouvé, était au fait une soucoupe volante, ayant déposé des extra-terrestres qui se préparent à envahir notre Terre...
Le lecteur se retrouve en plein univers wellsien. Tout y est, une intrigue qui s'inspire de plusieurs de ces romans, dont surtout La Guerre des Mondes (The War of The Worlds, 1898), une romance bien naïve typique de l'époque, et les personnages, dans lesquels ont reconnaît tous ces scientifiques aventuriers et courageux qui pullulent dans l'univers de Wells, mais aussi dans celui de Jules Verne. Mais Brian Aldiss ne se contente pas d'un simple hommage, il y intègre avec talent une certaine pointe d'ironie et beaucoup d'humour dans ses aventures. Les écrits de Brian Aldiss ne m'ont pas toujours convaincus, celui-ci par contre se trouve bien au-dessus du lot.

 

Voir également:
- Croisière sans escale (Non-Stop) - Brian Wilson Aldiss (1958), présentation
- Le monde vert (Hothouse) - Brian Wilson Aldiss (1962), présentation

- Neanderthal Planet - Brian Wilson Aldiss (1969), présentation

INDEX - Tunisie

Taïeb, Albert
- Chroniques africaines: de Casa à Tana (2005), présentation et extrait


















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mardi, 17 janvier 2006

Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle) - Stefan Zweig - 1926

Pour son soixantième anniversaire, le professeur de philologie R. reçoit un grand hommage de la part des collègues et étudiants sous la forme d'un recueil de toutes ses publications. Deux cents pages d'articles, de détails minutieux sur sa vie, sa carrière, sa passion pour les lettres... D'abord touché par ce geste, il se rend compte rapidement que ce cadeau ne représente en rien sa vie, son histoire. Ils ont oublié le point essentiel de sa vie, celui d'ailleurs que personne ne peut connaître. Et il va revenir en arrière et conter les événements qui ont réellement compté pour lui.


Il se rémémore son adolescence, fils de professeur il s'était appliqué à détester les études. Se servant des cours comme prétexte, il séche et mène une vie de libertinage, entre ses nombreuses conquêtes d'un soir et ses sorties en ville. Jusqu'au jour où son père lui rend visite, et s'aperçoit de la fourberie. Honteux, il se consacre alors entièrement à son travail, change d'université, et, sans relâche, étudie. Lors de cette période, il va rencontrer quelqu'un qui va bouleverser sa vie et changer son destin à jamais.: un professeur de philologie qui réussira à lui transmettre la soif de savoir. Très vite R. va lui vouer une soumission et un amour sans fin, à l'idolâtrer et à tout faire pour lui plaire. Il ira même jusqu'à s'installer chez ce professeur, ce qui lui fera découvrir que cet homme mène une vie bien mystérieuse.


La confusion des sentiments de Stefan Zweig, l'un des majeurs écrivains du XXe siècle, est un magnifique livre avec une écriture très travaillée, rythmée, passionée. Il peind le portrait de ce jeune homme à l'esprit perturbé par des sentiments qu il ne comprend que vaguement. Sa fascination pour son professeur va l'amener à exploiter ses talents, mais aussi a comprendre l'ambiguité de ses sentiments à l égard de celui-ci et des autres en général, pour mettre en scène, avec beaucoup de brio la complexité de l'adolescence.


Un livre poignant, plein de passion, à découvrir absolument!

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Voir également:
- La peur (Angst) - Stefan Zweig (1920), présentation
- Amok, ou le Fou de Malaisie (Der Amokläufer) - Stefan Zweig (1922), présentation
- Lettre d'une inconnue (Brief einer Unbekannten) - Stefan Zweig (1927), présentation
- Le joueur d'échecs (Schachnovelle) - Stefan Zweig (1942), présentation et extrait
- Un soupçon légitime (War er es ?) - Stefan Zweig (1987), présentation

lundi, 16 janvier 2006

La faneuse d'amour - Georges Eekhoud - 1900

Lorsque devenue comtesse d'Adembrode, Clara Mortsel, fille d'une famille ouvrière ayant prospérée récemment, s'éprend de la vie de campagne au domaine de son époux, et elle s'éprend surtout du jeune Russel Waarloos, un fils de paysan. Déjà toute jeune elle était attirée par les hommes de la plèbe, des ouvriers qui venaient et allaient dans l'atelier de son père. Aujourd'hui suite à ce mariage arrangé et aux distances de son époux, elle essaie de tout moyen de séduire le jeune Waarloos.
Mais pendant ce temps, la Campine est troublée par des troubles sociaux amenant même des émeutes, où les libéraux affrontent les conservateurs catholiques de la campagne.

Dans un style naturaliste nous est décrit comment une femme noble de morale assez catholique va essayer de vivre contre tout, même contre la volonté de son bien-aimé, une histoire d'amour impossible, défiant les lois sociales du moment. Eekhoud nous renouvelle ici son admiration pour le peuple "du bas", des ouvriers et paysans.

Le roman a été pour la première fois publié en 1886 sous le titre des Milices de Saint-François, mais sera réédité et modifié en 1900 sous son titre actuel.


Voir également:
- La nouvelle Carthage - Georges Eekhoud (1888), présentation
- Escal-Vigor - Georges Eekhoud (1899), présentation

- L'Autre Vue - Georges Eekhoud (1904), présentation

21:40 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges eekhoud, romance, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 15 janvier 2006

Chromosome 6 - Robin Cook - 1997

Kevin Marshall, un jeune généticien, est engagé par la société GenSys pour travailler sur un projet un peu particulier en Afrique. Là-bas il trouve le moyen d'isoler une courte séquence du chromosome 6 qui est censé contenir la majorité des gènes du complexe d'histocompatibilité. Il va ainsi modifier les gènes d'autres espèces animales, afin que les organes de ces animaux soient compatibles avec les humains. Cela dans le but de rendre possible le greffage d'organes sur l'homme. Pour cela il modifie les gènes de ces animaux, principalement des singes, afin qu'ils aient les mêmes gènes que les sujets humains, auxquels vont être greffés ces organes. Les organes greffés ne créent en effet pas de rejet chez les sujets humains. La société GenSys va alors se lancer dans un commerce peu ethique d'organes. Mais Kevin va commencer à se faire des soucis, en effet les espèces génétiquement modifiés commencent à changer... comme si cette séquence du chromosome 6 contenait bien plus que des gènes d'hstocompatibilité.


Pendant ce temps-là à New York, un mafieux est assassiné suite à un réglement de compte. Emmené à la morgue, son corps cependant disparaît, enlevé mystérieusement, avant d'avoir pu être étudié. Il sera cependant retrouvé plus tard, et le docteur Jack Stapleton peut faire son autopsie. A sa surprise, il va découvrir qu'un des organes du mafieux a été transplanté, mais ne retrouve aucun signe d'immunisation ou de rejet. Une enquête sera ouverte par Stapelton et sa collègue Laurie Montgomery, qui les mènera dans les réseaux de la mafia où ils découvriront que n'importe qui ayant suffisamment d'argent, peut obtenir n'importe quel organe d'échange en fonction de ses besoins. L'enquêt ira même plus loin les menant sur la trace de GenSys, et d'un traffic peu scrupuleux à partir de l'Afrique.

Chromosome 6 se veut être un thriller médical. Hélas après lecture on se rend compte qu'il s'agît avant tout d'un bête polar, etoffé de matière scientifique. Après lecture, j'en ai été assez déçu. Robin Cook semble éviter les questions essentielles concernant l'éthique, d'ailleurs le livre se finit sans connaître les conséquences juridiques que devra subir GenSys suite à son traffic. De plus de la part de Robin Cook, ancien médecin, on aurait pu s'attendre à plus de détails et à plus de véracité scientifique, sans pour autant enlever de fantastique à cette histoire. Mais visiblement les connaissances de Cook ne sont plus tellement à jour aujourd'hui. Cependant il y a du suspense. L'intrigue, si elle n'est pas toujours de meilleure qualité, est cependant bien menée. J'ai plutôt bien aimé les passages se déroulant en Afrique où l'on voit Kevin Marshall mener son enquête accompagné de deux collègues au nez de son hiérarchie. Mais qu'on aille pas chercher trop de profondeur que ce soit d'un point de vue personnages, tous simples, médical ou scientifique, voir plus philosophique. En bref un livre qui, même s'il est divertissant, reste très moyen.

23:08 Écrit par Marc dans Cook, Robin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : robin cook, thrillers, techno-thrillers, romans policiers, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Dans le monde des Variants - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné - 1939

Dans le monde des Variants, paru en 1939, Rosny l'Aîné reprend le même sujet que celui traité dans Un autre monde datant de 1895, notamment celui d'une personne vivant entre deux mondes, l'un qui nous est bien connu, et l'autre, un monde parallel avec sa faune et flore propre, inaccessible au commun des mortels. Dans Un autre monde, l'héros voyait dans ce monde parallel surtout la nature qui différait, avec la présence des Moedigen, une espèce animale propre à ce monde. Ici, le héros perçoit des être doués d'intelligence, qu'il nommera les Variants. Eux aussi le preçoivent et notre héros devra vivre entre ces deux mondes, connaissant des personnes d'un côté et de l'autre. Jusqu'au jour où il quittera l'un des deux pour pouvoir enfin se concentrer entièrement sur l'autre.

 

Ci-joint vous trouverez un extrait reprenant le premier chapitre de la nouvelle de Rosny l'Aîné.

 

 

Extrait:

 

"Dès sa naissance, Abel parut d’une autre race que ses frères ; plus tard une atmosphère étrange l’isola parmi les enfants et les adultes. On ne découvrit pas la raison de cette anomalie. Elle ne tenait pas à sa structure ou du moins, il ne le semblait point : il avait les cheveux fauves et le visage blanc des hommes venus du Nord, sur leurs barques non pontées pour conquérir des terres, voler les richesses et violer les femmes. Dans sa province les descendants de ces hommes abondent.

 

Il inspirait une manière d’inquiétude et le sentiment de choses très lointaines, perdues dans l’Espace et dans le Temps.

 

Sa parole aussi semblait insolite – encore que, jusqu’à douze ans, il n’eût rien dit d’extraordinaire mais parfois, on ne sait quel mystère esquissait, vite perdu dans des propos familiers. Ses gestes créaient du malaise, même lorsqu’il faisait exactement la même chose que les autres enfants, il semblait que ce fût selon une autre orientation, comme s’il avait accompli des mouvements de gaucher avec sa main droite.

 

De bonne heure, il étonna quelques personnes de nature subtile : il évoquait, pour elles, des existences cachées dans les îles ou dans les solitudes de la mer, des songes enveloppés de brouillard, des profondeurs où luttaient les végétaux obscurs et les bêtes abyssales.

 

Il appartenait à une famille médiocre et pacifique, que ne tourmentait aucun rêve dévastateur. Quelques arpents d’humus environnaient une maison basse, où la lumière pénétrait par des baies petites et nombreuses, percées sur quatre façades. Le verger donnait les fruits du terroir, les légumes abondaient dans le potager, deux vaches et quatre chèvres vivaient d’un herbage très vert.

 

Parce que cette famille avait presque horreur de la viande, elle menait une vie facile où les joies n’étaient point cruelles.

 

Le père, Hugues Faverol, géomètre arpenteur, assurait le présent et consolidait l’avenir ; la mère, incohérente et douce, aurait mal conduit son ménage, mais une servante, un vieux jardinier réglaient les choses de la maison, de l’étable et de la terre.

 

La turbulence et la méchanceté des frères d’Abel étaient supportables parce qu’il était l’aîné, et le plus fort, il n’avait aucune peine à s défendre.

 

S’il y eut de bonne heure des obstacles entre lui et ceux-là mêmes qu’il aimait, il ne perçut guère, avant sa douzième année, la singulière dissemblance de son univers, et de l’univers des autres hommes. Il voyait entendait, il sentait tout ce qu’ils voient, sentent et entendent, mais autour et dans chaque apparence surgissait une apparence inconnue.

 

Ainsi concevait-il deux mondes distincts, quoique occupant la même étendue, deux mondes terrestres qui coexistaient avec tous leurs êtres.

 

Abel finit par savoir qu’il était lié aux deux mondes. Cette découverte, qui devint chaque jour plus précise, il redouta de la révéler, fût-ce à sa mère, et c’est indirectement, par des questions qui effaraient ses proches, qu’il s’assura de son entière originalité. Sûr enfin que le double monde existait pour lui seul, il pressentit que la révélation de sa réalité était inutile et pouvait être dangereuse.

 

Pendant plusieurs années, le monde qui pénétrait chaque partie du monde des hommes, demeura toutefois indistinct. On eût dit qu’Abel percevait avec des sens rudimentaires, comme peut-être un oursin perçoit l’océan et le roc où il s’accroche. À la longue, le monde se diversifia. Il commença d’y établir l’ordre que l’enfant établit parmi les métamorphoses incessantes de son ambiance et il n’ignora pas longtemps que, dans autre univers, il était plus jeune que dans celui des hommes.

 

Aucun terme humain ne saurait exprimer les existences et les phénomènes qu’il discerna : appréhendés par des sens dont le développement fut de plus en plus rapide, ils ne révélèrent rien de ce que ne révèle l’ouïe, la vue, le toucher, le goût ou l’odorat, rien de ce que nous pouvons percevoir ni imaginer.

 

Les vivants lui apparurent les derniers. Il lui fallut plusieurs mois avant de s’assimiler leur apparence totale : ils n’avaient point, comme nos animaux et nos végétaux, des structures fixes : une série de formes, sans cesse changeantes se déroulaient dans un ordre presque constant, revenant sur elles-mêmes et formaient ainsi des individualités cycliques.

 

Ainsi qu’Abel l’apprit plus tard, ils vivaient plus longtemps que les vivants de notre Règne. Dès qu’il eut bien saisi leur mode d’existence, il les reconnut selon leur esprit d’abord, puis selon leurs individualités, aussi aisément que nous reconnaissons un chant ou une symphonie :

 

Leur diversité était aussi grande, et plus grande peut-être, que la diversité de notre faune et de notre flore. Les espèces inférieures avaient des cycles lents et monotones. À mesure qu’on montait dans la hiérarchie, les variations devenaient plus rapides et plus complexes, aux degrés les plus hauts, plusieurs cycles se déroulaient ensemble, à la fois confondus et distincts.

 

Abel percevait tout cela, avec une netteté croissante, à la manière des enfants qui, pour n’être pas embarrassée de méthodes est d’autant plus vive et pénétrante. Il sut de bonne heure que les Variants, comme il les nommait, se développaient autrement que les animaux ou les plantes. Leur étendue ne s’accroissait pas ; à leur naissance ils n’étaient pas moins grands que plus tard, mais plus vagues, avec des cycles incohérents ; à mesure, les mouvements prenant de la cohérence, ils atteignaient leur pleine harmonie après des évolutions d’autant plus nombreuses que l’être était place plus haut dans la hiérarchie.

 

Ce fut un soir de juin qu’Abel connut que lui-même était ensemble un Humain et un « Variant », un soir que les nuées prolongeaient leurs métamorphoses. Lasses de pâturer l’air chaud, les hirondelles se poursuivaient avec des cris éperdus, ivres d’un plaisir qui remplissait le jeune homme de compassion et d’attendrissement. Elles lui semblaient aussi éphémères que ces pays fragiles creusés dans les vapeurs crépusculaires et, saisi d’une angoisse obscure, il avait pris la main de sa mère qu’il aimait mieux que toutes les créatures…

 

Ils étaient seuls. Ils semblaient voir les mêmes apparences de l’Univers, mais sentant d’instinct qu’il allait plus loin qu’elle dans le mystère des choses, la mère dit, avec un peu d’effarement :

 

– À quoi penses-tu ?

 

C’était une minute où le monde des Variants se superposait plus étroitement au monde des Hommes et Abel eut sa Révélation.

 

Jusqu’alors sa vie humaine avait tellement prédominé que la Vie Variante semblait toute extérieure. Ce soir il sut qu’il participait aux deux Vies : bouleversé il cessa de percevoir la présence de sa mère. Épouvantée de lui voir un visage immobile comme les minéraux et des yeux fixes dont la pupille s’accroissait dans la pénombre, elle lui pressait la main avec angoisse :

 

– Abel… mon petit ! … Qu’y a-t-il ?

 

Il la regarda sans la voir, puis il fut comme un homme qu’on réveille d’une transe et il murmura, n’ayant pas mesuré ses paroles :

 

– Je vivais dans l’autre Terre.

 

Elle ne comprit pas ; elle crut qu’il songeait à la mort et à l’âme éternelle.

 

– Il ne faut pas y penser… mon chéri… Il faut vivre avec nous !

 

Si loin de la réalité d’Abel, elle eût été vainement et tristement accablée par une confidence. L’embrassant avec une douceur où se mêlait une grande angoisse, il acquiesça de manière ambiguë.

 

– Il n’est pas nécessaire, dit-il, que j’y pense.

 

Le soir des hommes revint avec ses étoiles, son infini perdu dans d’autres infinis ; Abel veillait encore, le cœur en tumulte, quand les siens se furent endormis."

 


Voir également:
- Les Xipéhuz - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1887), présentation
- Vamireh - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1892), extrait
- Nymphée - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1893), présentation

- Le jardin de Mary - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1895), texte intégral
- Un autre monde - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1895), présentation
- Le Cataclysme - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1896) présentation et extrait
- La Mort de la Terre - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1910), présentation
La jeune Vampire - Joseph Henri Boex, dit Rosny Aîné (1920), présentation
- L'étonnant voyage de Hareton ironcastle - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1922), présentation

- Les Navigateurs de l'Infini - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1925), présentation

16:31 Écrit par Marc dans Rosny Aîné, Joseph Henri Boex | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rosny, science-fiction, fantastique, rosny l aine, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

samedi, 14 janvier 2006

Stupeur et tremblements - Amélie Nothomb - 1999

"Moi, quand j'étais petite, je voulais devenir Dieu. Le Dieu des chrétiens avec un grand D. Vers l'âge de 5 ans, j'ai compris que mon ambition était irréalisable. Alors, j'ai mis un peu d'eau dans mon vin et j'ai décidé de devenir le Christ. J'imaginais ma mort sur la croix devant l'humanité entière. A l'âge de 7 ans, j'ai pris conscience que cela ne m'arriverait pas. J'ai résolu, plus modestement, de devenir martyre."

 

Amélie, jeune femme belge à peine diplômée en lettres, va accomplir l’un de ses rêves : aller travailler au Japon pour une société japonaise. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour avoir vécu au Japon dans son enfance, lui permet de décrocher un contrat dans une prestigieuse entreprise japonaise, la compagnie d’import/export Yumimoto. Amélie espère réussir dans ce pays qui la fascine tant. Mais ses débuts sont déconcertants et Amélie va rapidement déchanter à la découverte d'une culture que certes elle connaît bien, mais n’arrive pas à s’y intégrer. La jeune Européenne, embauchée comme interprète, peu au fait de l'hyper susceptibilité nippone, commet gaffe sur gaffe, ce qui va la précipiter dans une foudroyante chute sociale qui ne réussira pourtant pas à lui faire « perdre la face ». La jeune femme désœuvrée prendra un plaisir pervers et délicieux à tenter de surmonter l'ennui des tâches de plus en plus futiles que sa supérieure hiérarchique, une beauté japonaise au cœur de pierre, lui confie avec condescendance. Elle va être affectée à plusieurs tâches et descendra successivement les échelons pour arriver à l'humiliation la plus totale.

L’auteur décortique dans son roman auto-biographique un à un les codes de la société japonaise : la négation de l'individualité, culte de l’obéissance, le respect de la pyramide patronale, la soumission de la femme, harcèlement moral, humiliations. Amélie semble régler ses compte avec la culture d’entreprise nippone, si difficile à vivre pour un esprit occidental. Et pour elle toutes ses humiliations deviennent des défis. On le ton féroce caustique et humoristique raffiné, utilisé par Amélie Nothomb tout au long de ce livre. Amélie Nothomb montre quelle folle dimension ils prennent dans une société obsédée par les «codes d'honneur». Et qui ne doute jamais. «Un Japonais qui s'excuse pour de vrai, cela arrive environ une fois par siècle.»

Le titre de ce roman vient de l'ancien protocole impérial stipulant qu'on s'adressera à l'Empereur avec «stupeur et tremblements».

A la fois drôle, grave et angoissant. Un roman à ne pas manquer, qui d’ailleurs a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

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Extrait:


"Mine de rien, eut lieu un événement : je rencontrai Dieu. L'ignoble viceprésident m'avait commandé une bière, trouvant sans doute qu'il n'était pas assez gros comme ça. J'étais venue la lui apporter avec un dégoût poli. Je quittais l'antre de l'obèse quand s'ouvrit la porte du bureau voisin : je tombai nez à nez avec le président.

Nous nous regardâmes l'un l'autre avec stupéfaction. De ma part, c'était compréhensible : il m'était enfin donné de voir le dieu de Yumimoto. De la
sienne, c'était moins facile à expliquer : savait-il même que j'existais ? Il sembla que ce fut le cas car il s'exclama, avec une voix d'une beauté et d'une délicatesse insensées :

- Vous êtes sûrement Amélie-san !

Il sourit et me tendit la main. J'étais tellement ahurie que je ne pus émettre un son. Monsieur Haneda était un homme d'une cinquantaine d'années, au corps mince et au visage d'une élégance exceptionnelle. Il se dégageait de lui une impression de profonde bonté et d'harmonie. Il eut pour moi un regard d'une amabilité si vraie que je perdis le peu de contenance qui me restait.

Il s'en alla. Je demeurai seule dans le couloir, incapable de bouger. Ainsi donc, le président de ce lieu de torture, où je subissais chaque jour des humiliations absurdes, où j'étais l'objet de tous les mépris, le maître de cette géhenne était ce magnifique être humain, cette âme supérieure !

C'était à n'y rien comprendre. Une société dirigée par un homme d'une noblesse si criante eût dû être un paradis raffiné, un espace d'épanouissement et de douceur. Quel était ce mystère ? Etait-il possible que Dieu règne sur les Enfers ?

J'étais toujours figée de stupeur quand me fut apportée la réponse à cette question. La porte du bureau de l'énorme Omochi s'ouvrit et j'entendis la voix de l'infâme qui me hurlait :

- Qu'est-ce que vous fichez là ? On ne vous paie pas pour traîner dans les couloirs !

Tout s'expliquait : à la compagnie Yumimoto, Dieu était le président et le vice-président était le Diable."

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Voir également:
- Hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb (1992), présentation et extrait
-
Les Catilinaires - Amélie Nothomb (1995), présentation et extrait
- Attentat - Amélie Nothomb (1997), présentation et extrait
- Robert des noms propres - Amélie Nothomb (2002), présentation
- Antéchrista - Amélie Nothomb (2003), présentation
- Acide sulfurique - Amélie Nothomb (2005), présentation et extrait

- Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie Nothomb (2007), présentation

16:25 Écrit par Marc dans Nothomb, Amélie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : japon, amelie nothomb, litterature belge, romans initiatiques, recits biographiques | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

INDEX - Romans de société

Alsanea, Rajaa
- Les filles de Riyad (Banat Al-Riyadh, 2005), présentation
Aswany, Alaa El

- L'immeuble Yacoubian ('Imrat Yaqubyan, 2004), présentation et extrait
Ben Jelloun, Tahar

- Harrouda (1973), présentation
- La réclusion solitaire (1976), présentation
- Moha le fou, Moha le sage (1978), présentation
- La plus haute des solitudes (1977), présentation
Binebine, Mahi

- Le sommeil de l’esclave (1992), présentation et extrait
Bonmort, André
-
L'âge de cendre (2008), présentation et extrait
Borel, Petrus

- Le Croque-mort (1840), présentation et texte intégral
Bouvard, Philippe
- Je suis mort. Et alors ?... (2009), présentation
 
Brijs, Stefan
- Le Faiseur d'anges (De Engelenmaker, 2005), présentation et extrait
Brunner, John
Tous à Zanzibar (Stand On Zanzibar, 1968), présentation
Chi, Li

- Pour qui te prends-tu ? (1995), présentation
Coelho, Paulo
- La solitude du vainqueur (O Vencedor está Só, 2008), présentation et extrait
Decoin, Didier
- Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (2009), présentation

Etcherelli, Claire
- Elise ou la vraie vie (1967), présentation
Fellag, Mohamed Saïd
Le dernier chameau et autres histoires (2004), présentation et extrait
Ghitany, Gamal
- La mystérieuse affaire de l'impasse Zaafarâni (Waqâ'i' hârat al-Za'farânî, 1976), présentation et extrait
Guillot, Bertrand
- Hors jeu (2007), présentation et extrait
Gunzig, Thomas
- Mort d’un parfait bilingue (2001), présentation
- Kuru (2005), présentation
Hosseini, Khaled
- Mille soleils splendides (A Thousand Splendid Suns, 2007), présentation
Houellebecq, Michel
La Carte et le Territoire (2010), présentation
Hubermont, Pierre
- Treize hommes dans la mine (1930), présentation
Hugo, Victor
- Le dernier jour d’un condamné (1829), présentation et extrait
- Claude Gueux (1834), présentation et texte intégral
- Les Misérables (1862), présentation et extrait
Ilis, Florina
- La Croisade des enfants (Cruciada copiilor, 2005), présentation et extrait
Israël, Barbara
- Miss Saturne (2009), présentation et extrait
K., Loriane
15 ans, clandestine (2008), présentation
Keyes, Daniel
- Les Mille et Une Vies de Billy Milligan (The Minds of Billy Milligan, 1981), présentation
Korman, Cloé
- Les hommes-couleurs (2010), présentation
Kourouma, Ahmadou
- En attendant le vote des bêtes sauvages (1994), présentation
Mahfouz, Naguib
- La Belle du Caire (Al-Qâhira al-jadîda, 1945), présentation
- La Trilogie du Caire: Volume I: Impasse des deux palais (Bayn al-Qasrayn, 1956), présentation
- La Trilogie du Caire: Volume I: Impasse des deux palais (Bayn al-Qasrayn, 1956), citations
Mandler, Louis
- L'humanité sans sépulture (2008), présentation et extrait
- Dévoration (2009), présentation et extrait
Mann, Heinrich
- Le sujet de l’Empereur (Der Untertan, 1918), présentation
Mérer, Laurent
- Moi, Osmane, pirate somalien (2009), présentation
Mishima, Yukio
- Dojoji et autres nouvelles (1953-1966), présentation
Müller, Herta
- L’Homme est un grand faisan sur terre (Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt, 1986), présentation et extrait
- Le renard était déjà le chasseur (Der Fuchs war damals schon der Jäger, 1992), présentation
- La Convocation (Heute wär ich mir lieber nicht begegnet, 1997), présentation et extrait
Niwa, Fumio
L'âge des méchancetés (1947), présentation
Nothomb, Amélie
- Acide sulfurique (2005), présentation et extrait
Parisis, Jean-Marc
- La mélancolie des fast-foods (1987), présentation
Roberts, Jean-Marc
- La prière (2008), présentation et extrait
Roth, Philippe
- La tache (The Human Stain, 2000), présentation et extrait
Rushdie, Salman
- Shalimar le clown (Shalimar The Clown, 2005), présentation et extrait
Sansal, Boualem
- Le village de l'allemand, ou le journal des frères Schiller (2008), présentation
Self, Will
- Le Livre de Dave (The Book of Dave, 2006), présentation et extrait
Shanghvi, Siddarth Dhanavant
- Les derniers flamants de Bombay (The Lost Flamingoes of Bombay, 2009), présentation
Thomass, Balthasar
- Le cercle des cendres (2010), présentation et extrait
Thompson, Hunter S.
Rhum Express (The Rum Diary, 1998), présentation
Vernet, Anne
- La seconde chance (2009), présentation et extrait
Zola, Emile
La Fortune des Rougon (1871), présentation
La Curée (1872), présentation
Zefzaf, Mohamed
- L'œuf du coq (1996), présentation

 

 

 

 

 

 

 

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mercredi, 11 janvier 2006

Les Navigateurs de l'Infini - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné - 1925

Dans Les Navigateurs de l'Infini le lecteur suit le voyage d'une équipe d'astronautes vers la planète Mars. Leur astronef, le Stellarium, pulsé par une gravité artificielle et fait d'argine, un matériel indestructible et transparent. Une fois arrivés sur place au bout de leur long voyage à travers l'espace, ils trouvent un paysage désertique, qui semble vide. Mais au bout de quelques explorations ils rencontrent une autre espèce douée d'intelligence, les Tripèdes. Ils sont appelés ainsi dû au fait qu'ils ont trois jambes et six yeux. De plus ils sont dotés d'une extrême beauté. La civilisation des Tripèdes est très évoluée, même plus que celle des humains. Mais leur race est en déclin dû au manque d'eau, et elle de plus menacée par l'apparition des Zoomorphes, une autre espèce marsienne composée de minéraux, moins développée que les Tripèdes mais plus jeune, vive et dynamique. Les Tripèdes vont donc demander aux humains de les aider, contre leur ennemi de plus en plus envahissant.

 

Les Navigateurs de l'Infini est certainement l'oeuvre de science-fiction la plus connue de Rosny l'Aîné. On constate tout de suite que l'histoire reprend de nombreux éléments de La Mort de la Terre, càd. l'agonie d'une race évoluée face à une autre minérale qui se répand très rapidement. On retrouve le style inimitable de Rosny l'Aîné, certes un peu désuet point de vue science-fiction, attaché au XIXème siècle, mais rempli de poésie et de précisions techniques et biologiques, style Jules Verne. Point de vue désuétude on constate que certaines idées énoncées ont été depuis démenties par la science, comme le fait de mettre la Lune sur la même ligne d'évolution écologique que la Terre, ou celle de voir l'atmosphère martienne assez riche en oxygène pour l'être humain.


Rosny Aîné nous fait découvrir petit à petit sa planète rouge: le voyage spatial est vu comme quelque chose d'ennuyeux, et la surface martienne comme un désert. Et les révélations sur les formes de vie martiennes sont très progressives, nous montrant d'abord des végétaux, puis des animaux, avant de révéler les Martiens eux-mêmes. L'originalité de Rosny l'Aîné est de montrer les extra-terrestres comme des êtres plus évolués que les hommes, ce qui était rare à l'époque et n'est toujours pas courant. De plus l'aide donnée par les astronautes humains aux Tripèdes ne s'avérera que bien peu efficace, alors que d'habitude, dans beaucoup de romans, l'homme finit toujours par trouver la solution pour sauver les autres.


Il est à signaler que le mot "astronautique", si usuel pour nous aujourd'hui, a été utilisé pour la première fois de l'histoire de la littérature dans ce roman.

Rosny l'Aîné rédigera quasi simultanément une suite aux Navigateurs de l'Infini, intitulée Les Astronautes, mais qui ne sera publiée qu'en 1960.

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Voir également:
- Les Xipéhuz - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1887), présentation
- Vamireh - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1892), extrait
- Nymphée - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1893), présentation
- Le jardin de Mary - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1895), texte intégral
- Un autre monde - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1895), présentation
- Le Cataclysme - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1896) présentation et extrait
- La Mort de la Terre - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1910), présentation
La jeune Vampire - Joseph Henri Boex, dit Rosny Aîné (1920), présentation
- L'étonnant voyage de Hareton ironcastle - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1922), présentation
- Dans le mondes des Variants - Joseph Henri Boex, dit Rosny l'Aîné (1939), présentation et extrait

23:25 Écrit par Marc dans Rosny Aîné, Joseph Henri Boex | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rosny, science-fiction, rosny l aine, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

INDEX - Madagascar

Rabearivelo, Jean-Joseph
- Traduit de la nuit (Nadika Tamin’ Ny Alina, 1935), présentation et extraits
Radaody-Ralarosy, René

- Zovy : 1947. Au cœur de l’insurrection malgache (2007), présentation et extraits














22:57 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature malgache, madagascar | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Sternenkämpfer - William Voltz - 1958

Wade Quentin est un guerrier des étoiles travaillant pour la Ligue interstellaire. Accompagné de son robot, le TNA 347-56 ou aussi appelé "Shaw", ils parcourent l'Univers partout où la paix entre les peuples et planètes est en danger. Mais la Guerre éclate entre la Terre et les mondes coloniaux. Sur Bostik, une petite planète éloignée du système, un agent terrien est mystérieusement assassiné. Wade Quentin s'y rend pour mener son enquête. Mais cela ne sera pas une mince affaire. La planète semble envahie par des espèces qui s'accaparant toute sorte d'énergie et onr déjà cause la perte d'une ville humaine. Les forces coloniales s'intéressent également à ce crime. De plus un petit être plasmatique, Tobo, natif de Bostik et doué de télépathie et qui semble en savoir plus qu'il ne veut en faire paraître, vient se mêler à tout cela.

Willi Voltz (1938-1984), qui signait toujours à l'anglaise William Voltz, mena très vite une intense activité tant de fan que d’auteur de Science-Fiction, notamment au sein du Science Fiction Club Deutschlands, ce qui l’amena dès 1962 à intégrer l’équipe des auteurs de Perry Rhodan, au sein de laquelle il joua un rôle déterminant. Extrêmement prolifique, il écrivit pour cette série pas moins de 203 épisodes, auxquels s’ajoutent 12 romans planétaires et 14 épisodes de la série sœur Atlan.
Sternenkämpfer est son premier roman, paru dans la série Utopia-Classics. Il s'agît d'un pur space-opéra, qui a cependant l'originalité que les narrateurs du romans s'alternent. La parole est soit donnée à Wade Quentin, ou alors au robot, voir brièvement à Tobo. A part cela il n'y a que très peu à en dire. L'histoire est plaisante, du moins pour les amateurs du genre. Cependant les scènes d'action sont assez confuses, et ... il y en a beaucoup.

Ce livre est surtout dédié aux fans de space-opéra et de la saga Perry Rhodan.

19:38 Écrit par Marc dans Voltz, William | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature allemande, william voltz, science-fiction, space-opera | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!