jeudi, 29 novembre 2007

Retour à Lisbonne - Max Alhau - 2007

bibliotheca retour a lisbonne

Lisbonne, située sur l'embouchure du fleuve Tage, est certainement l'une des plus belles et fascinantes des capitales européennes. Cela surtout dû à son très riche passé historique et à sa riche culture qui en fait une ville de contrastes. Le poète Max Alhau nous invite via son livre Retour à Lisbonne de partir à la redécouverte de cette ville armé de sa caméra et de son guide de voyage. max Alhau évite de tomber dans le piège du guide touristique pour nous fournir une merveilleuse évocation de cette ville à travers les impressions d'un promeneur qui ne cesse de s'étonner à chaque coin de rue des multiples visages de la capitale lusitaine. Ainsi Max Alhau nous mène à travers l'antique quartier de l'Alfama où il se perd volontiers dans les rues labyrinthiques, à Bélèm près du monastère de Jeronimos, à Baixa, au Parc des Nations etc. Il visite les musées, les bars de fado, et tout ce qui fait la vie dans cette ville. Il y mêle un peu d'Histoire, de la littérature, de l'art, pour nous dresser un émouvant portrait plein de poésie de Lisbonne. Mais découvrir Lisbonne pour Max Alhau signifie également partir sur les traces du grand écrivain et poète du début de XXe siècle Fernando Pessoa, au pied de la statue duquel il termine sa ballade, statue qui "n’en finit pas de se taire", probablement parce que l’image de la ville est  "insaisissable, diverse, immense comme le poète".

Retour à Lisbonne est un très beau et très poétique récit de voyage sur l'une des villes les plus fascinantes du continent européen.

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Extrait :

Une ville est un lieu commun : on la partage avec ses habitants, ses visiteurs, chacun la côtoie avec sa sensibilité, ses a priori, son humeur. Le regard que l'on promène sur elle, sur ce qui la constitue, monuments, artères, ruelles, places, parcs et autres jardins, peut varier au cours des temps. Il n'est jamais définitif, sinon il est entaché de fausseté. Au reste, il n'est même pas regard, mais simple coup d'oeil inattentif ou indifférent. L'évolution d'une ville est fonction des événements, de l'histoire, à l'image de l'existence humaine, même si ce sont les hommes qui, le plus souvent, décident de sa configuration. Lisbonne, depuis sa fondation par les Phéniciens, il y a plus de trois mille ans, a participé de ce mouvement incessant, comme saisie par une frénétique envie de ne jamais s'arrêter dans son expansion, de nier la mort – et l'on sait que le tremblement de terre de 1755 faillit ruiner cette espérance – de renouveler son visage en conservant ses traits séculaires. Elle a réussi à se métamorphoser tout en restant fidèle à son architecture intime : ses pierres ont bouleversé ses limites mais ne l'ont pas trahie dans son esprit.


L'antique Lissbona, devenue Lisboa, creuset de tant de civilisations, toujours prête à répondre à l'appel de la mer grâce au Tage, cet ambassadeur majestueux qui la relie à l'Atlantique, semble regarder vers l'inconnu, ces terres invisibles de l'ouest ou de l'est que gagneront les navigateurs du siècle de l'infant Henri. Pourtant la Lisbonne qui séduit sans s'en donner la peine demeure terrienne, même si tout visiteur ne peut perdre de vue le Tage, cette mer de paille, ainsi nommée, large avenue liquide qui conduit à bon port les marchandises de toute sorte. Les passagers, eux, se contentent la plupart du temps des deux ponts, dont le tout récent et hardi pont Vasco de Gama, qui les relient au continent. Terre et mer, certes, mais pour le visiteur, seule s'impose la Lisbonne terrienne, compagne familière que l'on devine toujours détentrice de quelque secret, peu désireuse de se livrer d'emblée. Les maisons tassées les unes contre les autres, les ruelles comprimées, traduisent ce désir de préservation, même si ses larges avenues structurent son corps gigantesque, en constituent l'ossature de pierre. Il faut la parcourir en perdant le sens de la logique, de la stratégie urbaine. Il faut se laisser porter par les odeurs, les bruits, les souvenirs, vouloir la découvrir, mais à petite dose. Pour cela, se soustraire aux migrations touristiques devient une nécessité. Il est des saisons où elle connaît le repos et s'accorde avec le visiteur qui, dans un mouvement égoïste, désire se l'approprier. Aller à Lisbonne ne suffit pas. Il convient d'y revenir pour deviner qu'à chaque voyage la surprise attend le promeneur amoureux de la belle cité, la ville blanche, comme l'ont appelée on ne sait pourquoi certains cinéastes. Mais qu'est-ce qui a vraiment changé entre-temps ? La ville ? Nous-mêmes ?

15:57 Écrit par Marc dans Alhau, Max | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : max alhau, poesie, recits de voyages, lisbonne, portugal, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!