samedi, 26 janvier 2008

Le monde vert (Hothouse) - Brian Wilson Aldiss - 1962

bibliotheca le monde vert

A cinq milliards d'années, la Terre est recouverte d'une immense jungle dont les lianes s'étendent jusqu'à la Lune comme une singulière toile d'araignée tissée par les Tavertoises, des immenses végétaux d'un diamètre de plusieurs dizaines de mètres. D'ailleurs la Lune s'est figée suite à ce lien et est désormais visible toujours que de la même face de la Terre. Le Soleil a également changé: il est devenu tout rouge, sur le point d'exploser, et envoie de puissants rayons sur la Terre, planète qui elle d'ailleurs ne gravite plus non plus, faisant qu'une seule face est continuellement chauffée par le soleil. Les descendants de l'espèce humaine essaient de survivre comme ils peuvent dans des tribus qui tiennent plus d'un mode de vie sauvage que d'autre chose. Leur but est de survivre, en mangeant sans être mangé.
Dans la tribu de Gren, les adultes autour de Lily-Yo, ont décidé de faire la Montée vers la Maison des Dieux, an d'autres mots de mourir. Ils grimpent ainsi au maximum de la végétation, subissant les radiations et atterrissant sur la Lune où à leur surprise des mutants, autres descendants de l'humanité, les attendent. Ceux-ci préparent d'ailleurs l'immense projet de reconquérir la planète et veulent utiliser à leur fins Lily-Yo et ses compagnons.
Pendant ce temps sur Terre, les enfants laissés par les adultes n'arrivent guère à s'organiser. Gren va décider de partir seul dans le but e parcourir le monde.

Le monde vert de l'écrivain britannique Brian Wilson Aldiss est devenu dès sa sortie en 1962 un véritable classique, qui a cependant un peu perdu de renommée de nos jours. Le roman qui avait été publié d'abord sous forme de cinq nouvelles a obtenu le prix Hugo dans la catégorie Best Short Stories.
Le roman est à prime abord véritablement magnifique. Dans un style unique Brian Aldiss y fait vivre un monde imaginaire rendu parfaitement crédible dû aux nombreux détails donnés concernant la faune, la flore et la vie en général sur cette planète Terre vieillie.
Mais après un début des plus intéressant, l'histoire s'enlise rapidement dans les aventures assez répétitives de ces protagonistes. le lecteur risque de rapidement se lasser également des trop nombreux descriptifs.

Le monde vert, malgré que ce soit un classique incontournable de la science)fiction et surtout de la période nommée l'Age d'or, ne tient pas toutes ses promesses de nos jours. Le roman reste cependant une belle introduction à la très riche oeuvre de Brian Aldiss.

 

Voir également:
- Croisière sans escale (Non-Stop) - Brian Wilson Aldiss (1958), présentation
- L'arbre à salive (The Saliva Tree) - Brian Wilson Aldiss (1966), présentation
- Neanderthal Planet - Brian Wilson Aldiss (1969), présentation

lundi, 29 octobre 2007

Croisière sans escale (Non-Stop) - Brian Aldiss - 1958

bibliotheca croisiere sans escale

Roy Complain est un chasseur de la tribu Greene qui réside de façon très isolée dans la zone de ce monde dite des Quartiers. Suite à la perte de sa femme Complain décide de suivre le pasteur de la tribu dans une expédition à travers la dense jungle de poniques qui entoure la tribu faite de couloirs labyrinthiques et de ponts sans fin à la recherche du mystérieux territoire de l’Avant qui serait habité par une tribu bien plus évoluée. Ce monde avait autrefois été habité par une espèce plus évoluée, les Géants, et peut-être qu’à l’Avant ils en savent plus à ce sujet. Pour le pasteur cette expédition devra également répondre à certaines questions qu’il se pose sur leur monde, que certains appellent même vaisseau. Car si le monde entier qui les entoure n’est autre qu’un vaisseau, la question se pose quant à qui le pilote et quelle est la destination du voyage ? Au fil de l’expédition les croyances et certitudes vont petit à petit voler en éclat afin de découvrir l’atroce destin qui attend tous les habitants de ce monde.

C’est en 1958 qu’apparaît Croisière sans escale sous le titre de Non-Stop pour la version originale anglaise, le premier du grand auteur britannique de science-fiction Brian Wilson Aldiss. Il fut cependant déjà publié en 1955 dans la revue Science-Fantasy sous forme de feuilleton. La version française sort en 1959 et sera fortement revue en 2007.
Ce roman qui a certes un peu vieilli depuis reste encore tout à fait passionnant. Brian Aldiss y traite, comme on le comprend assez vite dans le récit, du sujet des arches stellaires, càd. si des humains devaient voyager vers des contrées lointaines de l’univers, si lointaines qu’elles resteraient inatteignables lors d’une vie humaine, ils seraient obligés de prendre tout le nécessaire avec eux et y compris assurer la pérennité de ces longs voyages en se reproduisant à bord jusqu’à l’arrivée à la destination finale. Afin de pallier à ce problème des longues distances à travers l’espace, d’autres auteurs de science-fiction ont inventé des astuces, tel la cryogénisation, le voyage à une vitesse supérieure à celle de la lumière, les hyperespaces, …, astuces qui ne se basent hélas sur rien de bien scientifique. Dans le cas des arches stellaires le problème, et la base de l’intrigue, réside toujours dans la question si le savoir et la culture qui ont entamé ce voyage interstellaire pourront être sauvegardés de génération à génération.
Dans Croisière sans escale Brian Aldiss prévoit un accident qui fera même que les générations suivants les premiers voyageurs en arrivent même à oublier la nature de leur vaisseau et rétrograderont à l’état de quasi sauvages se regroupant en tribus et vivant de chasse et d’agriculture dans le cadre de croyances et superstitions religieuses. Et Brian Aldiss distille les mystères en véritable maître. Si le lecteur comprend rapidement la nature de l’arche stellaire, petit à petit il découvre les tenants et aboutissants de ce voyage et comment toutes les croyances et superstitions s’insèrent logiquement dans cet univers. Et avec le talent d’un excellent conteur Brian Aldiss réussit à nous faire parfaitement croire à sa micro-société vivant en univers clos de plus que tout est raconté par les yeux du personnage de Complain. Le lecteur fait ses découvertes en même temps que Complain et aura parfois pareillement du mal à cerner la réalité de la chose. Car jamais Brian Aldiss ne s’explique, il faudra tout découvrir en même temps que le narrateur du roman, ce qui donnera à la fin beaucoup plus de poids aux différentes révélations.

Croisière sans escale est un excellent roman de science-fiction de Brian Aldiss qui malgré certaines rides vaut amplement la peine d'être lu et relu.

 

Voir également :
- Le monde vert (Hothouse) - Brian Wilson Aldiss (1962), présentation
- L'arbre à salive (The Saliva Tree) - Brian Wilson Aldiss (1966), présentation
- Neanderthal Planet - Brian Wilson Aldiss (1969), présentation

mercredi, 08 février 2006

Neanderthal Planet - Brian Aldiss - 1969

Le monde a fort changé. Dans ce futur proche, l'informatique a pris le dessus sur l'homme. Toute la société est régie par un réseau informatique réglant la vie dans ses moindres détails. Les hommes sont confinés dans une sorte de zoo, une prison de luxe, où ils jouissent de tout confort. Des robots s'assurent que ceux-ci y restent bien afin d'y mener la vie la plus parfaite, telle qu'elle l'a été programmée par le réseau. Cependant un jour, l'entité robotique est chargé de retrouver l'humain K.D. Anderson, un ancien écrivain, dont l'un des anciens écrits, "A Touch of Neanderthal", une intrigue d'avant l'ère nucléaire, qui dérange fortement les autorités informatiques. L'écrivain, une fois rattrapé devra être interrogé.

Dans le roman en question, K.D. Anderson s'imagine partir enquêter sur une planète recluse, Nehru II. Des scientifiques y étaient partis pour fonder une colonie d'intelectuels. Hélas rien ne s'est déroulera comme prévu. Les hommes, une fois arrivés sur cette planète, rétrogradent psychologiquement pour se comporter comme des hommes préhistoriques. Certains redeviennent des hommes de Neandertal, pacifiques, basés sur une société proche de la nature. D'autres évoluent vers des Cro-Magnons, plus guerriers que les premiers...
K.D. Anderson est persuadé que son histoire de science-fiction grossière n'a aucun intérêt. Mais les robots semblent y détecter autre chose, quelque chose d'essentiel à leur propre existence.

Neanderthal Planet est une nouvelle très réussie, de la part de l'un des maîtres du genre. Deux histoires se mêlent. L'une dans un roman écrit par l'un des personnages de l'intrigue cadre de l'autre. Difficile à trouver le lien entre les deux, même si évidemment tout s'éclaircira par la fin. Les passages sur Nehru II sont particulièrement réussis. Même si l'intrigue est un peu grossière (voulu par l'auteur), le lecteur est cependant parfaitement pris par ces aventures, pleines de mystères entre réel et iréel, d'un homme redécouvravant malgré lui ses racines ancestrales au sens propre du terme. Durant toute la lecture, on a du mal à voir où Brian Aldiss veut nous mener, mais on l'y suit avec plaisir, vers un dénouement finalement parfaitement cohérent.

mercredi, 18 janvier 2006

L'arbre à salive (The Saliva Tree) - Brian Wilson Aldiss - 1966

1966 représentait dans l'univers de la science-fiction le centenaire de la naissance de Herbert George Wells, l'un des pionniers du genre. Brian W. Aldiss, écrivain britannique du genre, célèbre cet anniversaire à sa façon, càd. en écrivant L'arbre à salive, une nouvelle dans le plus pur style victorien de H. G. Wells, mêlant le tout à la fois avec beaucoup d'humour, tragédie et horreur.

Au début du XXe siècle, dans une petite ville de l'est de l'Angleterre nous rencontrons les deux héros de ce livre, Bruce Fox et Gregory Rolles, deux jeunes hommes issus d'une petite noblesse qui s'adonnent à la science et qui ont décidé d'avoir dans tous les cas "l'esprit ouvert" et d'ainsi se dinstinguer du peuple de la région. Ils passent évidemment pour cela plus de temps à écrire de pompeuses lettres intelectualisantes et à faire présence auprès de la haute société britannique. Un beau jour, un météorite s'écrase auprès d'une ferme de la région. Nos deux gens héros vont directement s'y intéresser en damndant conseil notamment à un certain écrivain contemporain de leur époque, dénommé Wells. Cependant au début du moins, la chute de cet astre ne semble pas avoir eu de conséquences. Mais petit à petit de mystérieux phénomènes arrivent. Les fruits et légumes recueillis par le fermier sont de plus en plus gros et ont de plus un certain goût amer. D'ailleurs toute la nature entourant la ferme va petit à petit se transformer. De plus des animaux disparaissent étrangement et on ne retrouve que plus tard leurs carcasses, dévorés... Avec horreur, nos héros comprennent vite que le météorite, jamais retrouvé, était au fait une soucoupe volante, ayant déposé des extra-terrestres qui se préparent à envahir notre Terre...
Le lecteur se retrouve en plein univers wellsien. Tout y est, une intrigue qui s'inspire de plusieurs de ces romans, dont surtout La Guerre des Mondes (The War of The Worlds, 1898), une romance bien naïve typique de l'époque, et les personnages, dans lesquels ont reconnaît tous ces scientifiques aventuriers et courageux qui pullulent dans l'univers de Wells, mais aussi dans celui de Jules Verne. Mais Brian Aldiss ne se contente pas d'un simple hommage, il y intègre avec talent une certaine pointe d'ironie et beaucoup d'humour dans ses aventures. Les écrits de Brian Aldiss ne m'ont pas toujours convaincus, celui-ci par contre se trouve bien au-dessus du lot.

 

Voir également:
- Croisière sans escale (Non-Stop) - Brian Wilson Aldiss (1958), présentation
- Le monde vert (Hothouse) - Brian Wilson Aldiss (1962), présentation

- Neanderthal Planet - Brian Wilson Aldiss (1969), présentation